Au moment où le gouvernement axe toute sa politique sur les mécanismes à mettre en place pour parvenir à une autosuffisance alimentaire, la filière lait, qui coûte à l'Etat plus d'un milliard de dollars par an pour l'importation de la poudre de lait, pose encore problème.A Bouira et comme si la sécheresse qui s'abat sur le pays n'était pas suffisante, les milliers d'éleveurs que compte la wilaya ont été surpris, ces derniers jours, d'apprendre auprès des minoteries auprès desquelles ils avaient l'habitude d'acheter du son, un des principaux aliments de bétail, qu'ils devraient désormais être munis d'une carte fiscale à la place de la carte d'éleveur qu'ils avaient jusque-là l'habitude de présenter.
Aussi, et conscients de l'arrière-pensée de cette nouvelle condition qui va leur coûter plus d'argent, tant pour l'achat avec facture et paiement de la TVA de 17%, que pour les impôts qu'ils devront payer à la fin de l'année, sur la base des factures établies en leurs noms ; des centaines d'éleveurs se sont soulevés ces derniers jours, pour demander au ministère de l'Agriculture et du Développement rural l'annulation de cette mesure.
Mardi, au niveau de la salle des conférences de la Chambre d'agriculture de Bouira, les centaines d'éleveurs présents ont tous rejeté cette décision en rappelant, exemples à l'appui, les multiples dépenses qu'ils ne pourraient justifier pour la réduction des impôts. Ainsi, énoncent-ils certains cas de sites médicaux du vétérinaire ainsi que les médicaments qu'ils achètent pour les bêtes qui tombent malades et qui ne sont pas comptabilisés pour la réduction des impôts. D'autres évoquent ces périodes creuses qui les obligent à s'approvisionner au marché noir pour l'achat de l'aliment. Beaucoup évoquent encore la sécheresse et la rareté des pâturages, surtout pour les éleveurs se trouvant dans la zone agro-pastorale située dans la bande sud de la wilaya dans les 10 communes des daïras de Sour-el-Ghozlane et Bordj-Okhriss.
Et justement, au sujet de cette région qui compte plus de 1 000 éleveurs, ils étaient, hier, des centaines à dénoncer, outre la fameuse carte fiscale, le retard mis par la CCLS de Bouira dans l'octroi de leur quota d'orge pour leurs bétails.
Sur place et en présence des représentants de la DSA et du S/G de la Chambre d'agriculture, les éleveurs ont crié leur ras-le-bol et leur détresse. Certains parlent même d'une discrimination entre les régions de la wilaya qui sont approvisionnées normalement et la leur ? les deux daïras du Sud ? qui sont inscrites dans le programme des Hauts-Plateaux et qui sont marginalisées.
Cela étant et malgré la tension et les débats qui étaient, par moments, houleux, tant les protestataires étaient durement touchés par ces pénuries répétitives de l'aliment pour leur cheptel, - cette région étant réputée pour l'élevage ovin et caprin ? les représentants de la Chambre et ceux de la DSA ont tenu à les rassurer concernant le dossier de la carte fiscale qui est transmis en haut lieu pour voir s'il y a possibilité d'annuler cette décision ou, à défaut, exonérer d'impôts carrément cette filière. Pour le second point soulevé, la représentante de la DSA a contacté sur place le directeur de la CCLS de Bouira qui lui a affirmé que la distribution des quotas aux éleveurs par mois ou par trimestre dépend de la DG et qu'ils attendent le feu vert pour entamer l'opération.
Une réponse qui n'a pas satisfait les éleveurs qui ont rappelé que le système de quotas a montré ses limites puisque, au mois de novembre, ils n'étaient pas approvisionnés et que le même problème est posé pour ce mois de février.
Et pour manifester leur colère, tous les présents ont décidé de se rendre au siège de la CCLS pour exiger du directeur une solution immédiate. Il est vrai que beaucoup d'éleveurs ont indiqué qu'ils n'ont vraiment rien à donner à leurs bêtes en ces temps de sécheresse.
Y. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Yahiaoui
Source : www.lesoirdalgerie.com