Pour la première fois depuis le début de la révolte estudiantine contre le système en place, la marche des étudiants à Bouira a été émaillée de quelques incidents. En effet, hier et pour le 19e acte des marches des étudiants de l'université Akli Mohand-Oulhadj, les éléments des forces de l'ordre sont intervenus pour confisquer les drapeaux amazighs brandis par les manifestants. Ainsi et au terme de la procession qui les a conduits à l'esplanade de la maison de la culture Ali-Zamoum, plusieurs étudiants ont été sommés par les policiers de ne plus arborer l'emblème de Tamazgha. Suite au refus catégorique des étudiants d'obtempérer aux injonctions des forces de l'ordre, ces derniers ont procédé à la confiscation d'une vingtaine de drapeaux amazighs.Cette "charge" des policiers a provoqué une certaine tension et la colère des étudiants. La situation aurait pu dégénérer n'était l'intervention d'élus RCD, venus soutenir les étudiants dans leur action. Meziane Chaâbane, élu RCD à l'APW, s'est interposé entre les deux parties et a évité que la situation ne s'envenime davantage. "Désormais les intentions du pouvoir sont claires, la répression ne se cantonne plus à la capitale, mais elle est de mise partout à travers le pays", a-t-il fait remarquer. Cet élu qui n'a pas caché son indignation vis-à-vis de ces confiscations du drapeau amazigh, a estimé que les agissements des forces de l'ordre sont une "provocation" envers la Kabylie, et même envers toute l'Algérie. "Non seulement le pouvoir ne veut pas entendre les revendications populaires, mais, pis encore, il veut semer la discorde et la haine. C'est honteux !", s'est-il emporté.
Certains étudiants n'ont pas hésité à s'en prendre ouvertement au chef d'état-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah. "C'est à la suite de ses derniers messages que la police a commencé à nous harceler et à nous réprimer. C'est ainsi qu'il accompagne le peuple ' On bascule dangereusement vers une dictature", s'est insurgé Kamel Hanniche, un manifestant ayant refusé de donner son drapeau amazigh aux forces de l'ordre. Fort heureusement, aucune interpellation n'a été opérée. Avant ces incidents, la marche s'était déroulée dans le calme. En effet, c'est vers 10h30 que le premier carré de marcheurs s'est ébranlé depuis l'université centrale.
Les marcheurs ont, tout au long de leur procession qui les a conduits à travers les différents boulevards et la ville de Bouira, scandé des slogans hostiles au pouvoir en place. "Bedoui dégage", "FLN dégage !", "Le peuple veut la chute du régime" ou encore le traditionnel "Pouvoir assassin". Les dernières incarcérations de manifestants ayant brandi l'emblème de Tamazgha, ont été énergiquement condamnées par les protestataires, au même titre que la mise sous mandat de dépôt de l'ancien moudjahid, Lakhdar Bouregâa. En outre, la proposition de dialogue du chef d'Etat par intérim, ainsi que celle du chef d'état-major, ont été unanimement rejetées par les étudiants. "On ne dialogue pas avec le système et ses résidus", ont-ils en outre scandé.
RAMDANE BOURAHLA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Bourahla
Source : www.liberte-algerie.com