Les responsables de l'ADE de Draâ El-Mizan étaient dans l'obligation de recourir à des restrictions, car le barrage de Koudiat Acerdoune, à partir duquel est alimentée la région en eau potable, n'a pas été rempli durant l'hiver à cause de la faible pluviométrie enregistrée durant la saison.Depuis l'alimentation du sud de la wilaya de Tizi Ouzou en eau potable à partir du barrage Koudiat Acerdoune, dans la wilaya de Bouira, en 2010, le problème d'eau potable a été réglé dans la région de Draâ El-Mizan. Mais voilà que cette année, avec le manque de pluviométrie, le stress hydrique se fait déjà sentir dans cette région.
En effet, les citoyens aussi bien de la ville que des villages ont remarqué un retard énorme dans l'arrivée de cet élément vital dans leurs robinets. Durant la semaine écoulée, l'eau a été sérieusement rationnée par les services concernés à cause du pompage insuffisant à partir de la station de Djebahia (Aomar).
Ainsi, le programme de la distribution a été revu et réorganisé. Si, par le passé, l'eau coulait pratiquement en continu toute la journée, elle est servie maintenant à raison de quatre à cinq heures par jour et par quartier. "Nous sommes contraints de recourir à des restrictions car le barrage de Koudiat Acerdoune n'a pas été rempli durant l'hiver à cause de la faible pluviométrie enregistrée durant la saison", confie une source proche de l'Algérienne des eaux.
"Nous avons attendu quatre longues journées pour recevoir finalement de l'eau. Les anciens réflexes qui consistaient à faire des réserves d'eau ont disparu depuis que l'eau coulait sans interruption. On s'est débarrassé de nos citernes, de nos fûts et de nos jerricans.
Tout le monde a été surpris par cette perturbation", affirme un résident de la cité EPLF. Effectivement, le rationnement de ce liquide précieux et vital a eu immédiatement des effets sur les habitudes des citoyens qui se permettaient d'arroser leurs jardins et de laver leurs véhicules.
Pourtant, dernièrement, les services de l'ADE ont mené une campagne d'affichage dans les endroits publics en vue de mettre en garde leurs abonnés contre le gaspillage de toute nature. Mais, souvent, il nous a été donné de constater que certains se permettaient même le luxe de laver les trottoirs à grande eau.
Donc, si les habitants de la région ont tous pratiquement abandonné leurs citernes et autres moyens utilisés pour stocker ce liquide en été, ils ont sitôt pris d'assaut les points de vente de citernes. D'ailleurs, certains revendeurs ont épuisé tout leur stock en quelques jours. "J'ai fait le tour de tous les soudeurs pour trouver une citerne, en vain", assure un habitant de la ville accosté devant un fabricant de citernes.
Une aubaine pour les revendeurs comme pour les artisans. Selon de nombreux habitants, la citerne d'une capacité de 1 000 litres est vite passée de 9 000 à 12 000 DA, alors qu'une citerne de 1 600 litres est fixée entre 30 000 et 35 000 DA.
Les habitants craignent un été chaud et difficile. "Pour le moment, nous avons peut-être de la chance de recevoir de l'eau une fois tous les quatre jours. À l'avenir, nous craignons attendre notre tour durant plusieurs jours", craint un résident de la cité Mohamed-Belaouche, ex-cité Caper, avant d'ajouter : "Il vaut mieux acheter une grande citerne afin de tenir quelques jours au lieu de recourir à l'achat de l'eau à raison de 1 500 DA, voire plus."
À signaler que même certaines boulangeries ont dû fermer à cause de cette perturbation. En tout cas, la situation était prévisible parce qu'on évoquait depuis des mois ce manque au niveau du barrage de Bouira. Selon un responsable au niveau d'une APC du sud de la wilaya, les services concernés les ont avertis qu'à partir du
5 juillet les restrictions seront plus dures à supporter parce que, nous dit-on, le barrage est à seulement 7% de sa capacité maximale. Cette quantité emmagasinée ne pourra tenir que quelques jours car pas moins de six wilayas sont alimentées à partir de ce barrage, dont Bouira, M'sila, Médéa, une partie de Tizi Ouzou...
À Draâ El-Mizan, pour atténuer un tant soit peu cette crise, les citoyens souhaitent que les services concernés remettent en marche les motopompes installées au niveau du barrage d'eau de la localité et abandonnées depuis déjà une dizaine d'années. "Certes, ce barrage ne pourra pas couvrir tous les besoins domestiques de la commune, mais ce sera une alternative quand même", suggère un autre citoyen.
À signaler enfin que certaines localités déjà mal servies, à l'instar de M'kira, d'Aïn Zaouïa, de Frikat et d'Aït Yahia Moussa, seront les plus touchées quand on sait que les quantités pompées vers ces municipalités et leurs villages étaient presque quasi nulles, si bien que leurs citoyens ont souvent fermé les sièges de leur APC et parfois même celui de la daïra de Draâ El-Mizan. Et ce n'est que le début de l'été !
O. GHILÈS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ghilès O
Source : www.liberte-algerie.com