La direction de la culture de Bouira occupe les débats non par un quelconque programme mais par les frasques qui à chaque Ramadhan ou grande occasion dévoile l'incompétence et les doutes autour de cette administration publique. Le premier à monter au créneau reste le chantre du chaâbi, Redha Bachir, un chanteur très estimé dans les milieux du style algérois mais qui est volontairement méprisé par cette direction au plan local. «Mercredi au soir quelqu'un m'appelle pour me dire: tu es programmé samedi pour animer un gala à la Maison de la culture Ali Zaâmoum» nous affirmera le chanteur. Le jeudi, et selon lui il se rend à la direction où le chef de service lui exprimera son étonnement. Après moults recherches, le chanteur apprendra que l'administration lui a affecté d'autorité un cachet de 60.000 DA. «le quotidien qui a rapporté que j'ai refusé le cachet a été trompé. Le cachet concerne sept musiciens et moi. Je ne quémande pas messieurs. Je suis un artiste dûment agrée par le ministère, ma notoriété a largement dépassé la wilaya de Bouira.»C'est là, la raison réelle, de l'annulation du concert. L'année passée aussi et à la même période, c'est-à-dire dans le cadre des animations en marge du mois de Ramadhan, la direction de la culture a annulé toutes les soirées prévues pour cause de désorganisation. La question que tout le monde se pose est celle de savoir si après l'annulation le cachet est versé ou non' Beaucoup exigent une enquête parce qu'il s'agit avant tout de l'argent du contribuable. Des artistes locaux accusent directement cette direction de faire dans le clientélisme, dans le régionalisme.
En moins d'une année le groupe vieillissant des «Abranis» est à sa troisième représentation à Bouira. Ce groupe n'a jamais animé un gala pendant ses moments de gloire. Jeudi dernier ce qui reste du mythique groupe était à la salle Ali Zaâmoum. La pagaille et la totale désorganisation ont fait rebrousser chemin aux quelques familles qui ont osé s'aventurer et s'approcher des lieux où bagarres et obscénités professaient de partout. Le bouche à oreille annonce plus de 600.000 DA comme cachet, c'est-à-dire 10 fois ce qui est proposé à Rédha Bachir. La venue dans une semaine de l'autre chanteur de Béjaïa Rabah Asma sera à ne pas douter un remake de ce qui a été vécu avec les Abranis. «Un collectif des artistes de Bouira vient de décider de saisir l'autorité locale en l'occurrence le wali pour exiger une enquête sur ce qui se fait au sein de la direction de la culture.
Cette direction est gérée depuis une autre wilaya. Nous demandons à ce que soient rendues publiques les sommes allouées pour chaque artiste qui passe à Bouira» nous confiera un artiste sous le sceau de l'anonymat. Rédha Bachir de son côté s'est dit déçu par l'ingratitude clairement affichée par la direction à son égard. «On m'a envoyé représenter la wilaya à Illizi, à bord d'un bus banal, pendant trois jours on se nourrissait de thon en conserve et de pain. Aujourd'hui on veut salir ma personne» conclura, désabusé le chanteur primé partout en Algérie, méprisé dans sa ville natale.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L'Expression
Source : www.lexpressiondz.com