Bouira - A la une

Le RND perdrait un siège



Le RND perdrait un siège
Le Front de libération nationale avec plus de 18.000 voix, a raflé la mise en obtenant 6 sièges cédant au Rassemblement national démocratique, 8100 voix, les 3 places restantes. Ce résultat qui a surpris tout le monde consacre une nouvelle victoire du plus vieux parti sur son allié. Après avoir perdu les APC, l'APW, le siège renouvelé du Sénat, voilà que la députation passe dans sa majorité dans le camp de l'ex-parti unique, même si le résultat reste encore provisoire et non validé par le Conseil constitutionnel. La formation de Belkhadem aurait déposé un recours pour le 7e siège qui, selon ses responsables, lui revient. Dès l'annonce de ces résultats, de nombreuses formations en lice ont crié à la fraude et au bourrage des urnes. Même si la réglementation leur confère le droit d' émettre des réserves et d'introduire des recours, selon un membre représentant d'un parti auprès de la commission de surveillance, aucune reclamation ne serait parvenue à propos de ce grief. La totalité des recours portent sur des défaillances dans l'organistation, des comportements de candidats et de leurs partisans. «Le taux de participation, 33,90%, reste un indice qui contredit l'accusation», nous affirmera un candidat élu.
L'autre enseignement à tirer de cette élection est la cuisante défaite d'un candidat qui a investi beaucoup d'argent croyant que tout s'achète et tout se vend. En l'écartant de la course, les électeurs ont montré que l'Algérien même dans le besoin extrême ne marchande pas son honneur et ses convictions. La lecture - analyse de ces résultats permet de tirer plusieurs enseignements. Sans risque de se tromper et unanimement, les citoyens pensent que l'Alliance verte, le parti de Djaballah, le FFS restent les trois grands perdants en atteignant des scores minimes derrière des listes indépendantes menées par des profanes de la politique. Bouira, qui a subi les atrocités de la tragédie nationale, a rejeté la mouvance islamiste dans son intégralité. Cette nouvelle a semé la joie dans les coeurs, n'en déplaise à «El Magharibia» qui, depuis Londres, annonçait des émeutes généralisées dans toute la wilaya de Bouira le jour du vote. Le premier élément qui aura avantagé le FLN reste la multitude de listes, 51 pour seulement 9 sièges.
Au regard des résultats individuels obtenus par chaque candidat, il ressort que chaque liste a fait le plein dans le fief ou la région natale de la tête de la liste. Yahiaoui à M'Chedallah, Hadj Moussa à Sour El Ghozlane, Allalou à Lakhdaria, Guechou à Aïn Bessem, Serridj à Bouira... seuls le FLN et le RND ont obtenu les faveurs des électeurs sur l'ensemble du territoire de la wilaya. La seconde raison favorable aux deux partis de l'Alliance présidentielle est cette loi faisant obligation à toute candidature d'atteindre au moins 5% des suffrages exprimés. Cette disposition n'a été satisfaite que par les deux partis qui ont dépassé les 8000 voix nécessaires. L'impartialité de cette exigence est flagrante quand on apprend qu'un candidat ayant obtenu 7600 voix est écarté alors qu'un parti avec seulement 8100 voix obtient 3 sièges. «C'est cette loi qui nous a barré la route», nous affirmera un candidat déçu. Le troisième élément qui a fait basculer les résultats est bien sûr le taux de participation. 34% ont participé à ce vote. Plus de 40.000 bulletins sont nuls. Ces deux facteurs ont facilité la tâche au FLN qui, avec 18.000 voix, a raflé 6 sièges. Précisons aussi que lors de la précédente élection législative, le taux était de 36% pour moins d'une douzaine de candidatures et l'obtention du siège était fixée à plus de 6000 voix par candidat. Pour un professeur universitaire issu de la région Est de la wilaya, il est temps de réformer le mode de scrutin en allant vers une proportionnelle à la française où chaque région doit élire ses représentants nominativement. Pareil amendement auprès du nouveau Parlement n'arrange pas les vainqueurs d'hier. N'est-il pas temps de revenir à la raison et de répartir les 9 sièges par circonscription et par densité d'habitants pour permettre à chaque partie de la wilaya d'avoir un député au moins. Malgré son triomphe et la débâcle de ses concurrents, le FLN n'a pas fait dans le triomphalisme. Un cortège composé de trois voitures peintes aux couleurs du parti ont sillonné les artères de la ville en mettant la sono à fond avec les tubes de Deriassa. Les permanences de ses principaux rivaux sont restées fermées.


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