
L'ordre des avocats de Bouira et le conseil national de l'ordre des médecins algériens ont organisé, jeudi, à l'université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouira, une journée d'étude sur la responsabilité médicale. Selon Me Wafia Sidhoum, la bâtonnière de Bouira et première femme à s'être hissée à ce rang au niveau national et continental, cette journée "n'est, en aucun cas, un procès contre les médecins".Pour elle, le droit et la médecine ont une seule et unique vocation : porter assistance à autrui. "Nul n'est parfait et chaque personne peut être soumise à l'erreur ou la faute. À travers cette journée, nous allons tenter de délimiter cette frontière entre l'erreur médicale et la faute médicale. Une nuance qui fait toute la différence", a-t-elle précisé. Les participants ont défini la faute médicale comme étant "l'erreur que n'aurait pas commise un individu normalement avisé et suffisamment diligent placé dans les mêmes circonstances que l'agent du délit". De cette définition, il en ressort, d'après les intervenants, qu'à travers l'erreur, "le juge recherchera la faute".Donc, si l'erreur médicale représente généralement ce côté "faillible" et "imprévisible" de la médecine, la faute, elle, dénote d'une attitude condamnable, répréhensible, portant atteinte à l'honneur de la profession, aux devoirs d'humanisme, et par là-même, aux droits des malades. Le Dr Bekkat Berkani Mohamed, président du Conseil national de l'ordre des médecins (Cnoma), a souligné lors de son intervention que "l'erreur médicale n'est pas un crime en soi", tout en appelant à "dépénaliser l'erreur médicale mais également à la relativiser". En outre, le président du Cnoma dénoncera ce qu'il a qualifié d'"anomalie", laquelle consistant à ce que le médecin soit incriminé sans preuve et traduit devant un tribunal. Sur ce sujet, il lancera un appel aux juristes pour faire appel aux experts de la santé avant de prononcer leur verdict. Et de d'interroger : "Pourquoi fait-on toujours appel à un médecin légiste pour déterminer s'il y a erreur non ' Il faudrait faire appel à des chirurgiens ou des spécialistes dans le domaine." Avant de préconiser : "La justice devrait nous consulter régulièrement, avant que le juge ne statue sur une quelconque affaire, afin d'éviter les emprisonnements abusifs". D'après cet intervenant, le médecin "n'est pas un délinquant", de ce fait, "tant que le faute médicale et professionnelle n'est pas dûment établie, le médecin ne peut être responsable", a-t-il expliqué. Afin d'étayer ses propos, il citera l'exemple des chirurgiens. "Le chirurgien exécute l'acte chirurgical sous la pression de la demande et avec un plateau technique défaillant. Il faut aussi préciser que l'acte chirurgical se fait en équipe. Donc, il faut d'abord identifier et connaître la cause réelle de l'erreur quand elle survient". Dans la fouée, le président du conseil national de l'ordre pointera du doigt "l'ébrouement direct" dans lequel travaillent les médecins. "Toutes les conditions sont réunies pour que le médecin fasse une erreur parfois fatale", justifie-t-il. En clair, le manque d'hygiène, qui provoque souvent des infections nosocomiales, la panne des équipements médicaux et la non-qualification du personnel soignant sont les principaux facteurs menant aux erreurs médicales. RAMDANE B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane Bourahla
Source : www.liberte-algerie.com