Rien ne va plus à Bouira. Chaque jour que Dieu fait, des actions de protestation sont signalées çà et là. Des villages qui revendiquent leur part de développement pour certains, des chômeurs qui réclament des postes d'emploi, ou encore des souscripteurs à tel ou tel programme qui demandent aux autorités d'accélérer les travaux dont essentiellement les programmes LPA relevant de l'Agence foncière qui patauge depuis plus de deux ans. La principale cause, une crise inextricable ayant pour origine l'instabilité au niveau de sa direction et ce, depuis la suspension provisoire de son ex-directeur. Autant de problèmes que la wilaya enregistre au quotidien.Hier, l'action spectaculaire qui a été enregistrée était l'?uvre des citoyens du village Thiassassine, relevant de la commune d'El- Esnam, situé au nord de la commune, sur la rive nord du barrage Tilesdit, près de la RN33 qui passe par la commune de Haïzer.
Ces villageois, qui ont récemment bloqué la RN33 pour alerter les autorités locales et de wilaya sur le calvaire qu'ils endurent avec l'inexistence d'un plan de développement, en citant, entre autres l'AEP, le gaz naturel, l'éclairage public, les aides à l'habitat rural, etc., avaient pourtant eu gain de cause au moins pour ce qui est de l'AEP. En effet, les responsables de l'ADE avaient consenti des efforts depuis leur propre budget pour alimenter ce village en eau potable sur une distance de près de 600 mètres linéaires alors que, selon la chargée de communication que nous avons rencontrée hier au siège de l'ADE, cela devait être financé par l'APC. Qu'importe, le projet que ces villageois attendaient depuis plus de 6 mois est finalement réalisé et le village a été alimenté en eau potable.
Or, ces villageois qui attendaient le wali pour la journée de samedi, et ne l'ayant pas vu venir, ont procédé à la fermeture d'une vanne principale du château d'eau de 5 000 m3 qui alimente, tenez-vous bien? 13 communes en eau potable. L'action qui a été menée avant-hier samedi a eu comme effet immédiat la coupure d'eau potable d'une manière soudaine dans 13 communes, soit pour plus de 300 000 habitants de la wilaya, dont une grande partie du chef-lieu de wilaya.
Hier, les habitants du chef-lieu mais également ceux de toutes les autres communes, qui ont été privés de cette denrée précieuse durant la nuit, étaient surpris, dans la matinée, de constater que l'eau ne coulait plus dans leurs robinets, alors que d'habitude, pour ce genre de coupures, généralement cela ne dépasse guère les 6 heures. Renseignements pris auprès de l'ADE, il s'agissait des villageois de Thiassassine qui ont occupé carrément le château d'eau situé au village Guemgoum dans la commune d'El-Esnam en chassant des lieux les gardiens. D'après notre interlocutrice, « même le directeur qui s'était déplacé pendant la nuit de samedi à dimanche, pour tenter de convaincre ces protestataires de la nécessité d'ouvrir les vannes pour ne pas pénaliser leurs concitoyens, est revenu bredouille, face à l'intransigeance des protestataires qui exigeaient de voir le wali en personne sur les lieux ». Hier, pendant presque toute la journée, alors que les robinets étaient toujours à sec, aucune solution ne se profilait à l'horizon et le wali, qui était occupé par les protocoles de la Journée mondiale de la femme, n'était pas près de se déplacer.
Rappelons que la ville de Bouira, le chef-lieu de wilaya, n'aurait jamais dû être privée d'eau potable puisque, il y a de cela deux ans, le ministre des Ressources en eau de l'époque y avait inauguré une autre conduite d'alimentation en eau potable à partir du barrage de Koudiate Asserdoune. Les responsables avaient expliqué que, désormais, avec ce double système d'alimentation, la ville de Bouira serait à l'abri de toute éventuelle pénurie.
La chargée de communication à cette question dira : «Ce système alimente une partie ouest de la ville de Bouira mais pour l'interconnexion, cela n'est pas encore fait» (!')? Par ailleurs, et puisque la journée de dimanche est devenue désormais une journée de protestations, hier encore et comme cela s'était produit le dimanche d'avant, des citoyens de la commune d'Oued-el-Berdi, à 10 kilomètres au sud de Bouira, ont procédé à la fermeture du siège de leur commune pour protester contre le manque de débouchés pour leurs enfants, surtout les diplômés alors que la commune, selon leurs dires, abrite la zone industrielle de Sidi-Khaled dont les postes d'emploi devraient revenir en priorité aux enfants de la commune. Enfin, au niveau du chef-lieu de wilaya, ce sont les souscripteurs de l'AADL 2013 qui ont organisé un rassemblement devant le siège de cette institution pour dénoncer les retards dans le lancement de certains projets de ce programme, ainsi que le sort de certains dossiers ou encore le paiement des autres tranches, etc. Des préoccupations que le directeur de l'AADL de Bouira a essayé d'expliquer aux contestataires qu'il avait reçus dans son bureau mais sans pouvoir, pour autant, les convaincre tous. Aussi, ils ont promis de revenir à la charge si les projets ne sont pas tous lancés rapidement et la plateforme ouverte pour le positionnement et le choix des sites. Pourtant, sur ce dernier point, le directeur a tenu à les rassurer en précisant que la plateforme par internet est ouverte à partir du 7 mars courant.
Y. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Yahiaoui
Source : www.lesoirdalgerie.com