
Le président veut à tout prix associer l'opposition dans le chantier de la Constitution. Il lui a encore lancé un appel l'invitant à mettre de côté les différends et à oeuvrer pour l'édification d'un Etat fort. Dans un message qu'il a adressé, à l'occasion des cérémonies officielles commémoratives du 69e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 abritées par la wilaya de Bouira, lu en son nom par Mohamed Ali Boughazi, le président Bouteflika promet de promouvoir la vie politique en opérant un changement profond de la Constitution. «Je m'emploierai prochainement à réaliser l'engagement pris pour opérer un changement profond dans la Constitution et promouvoir la vie politique, économique et sociale de manière à consacrer une Algérie forte, orientée vers le progrès et la modernité», s'est-il engagé. Cette déclaration se veut un gage envers l'opposition. Après son refus d'intégrer le gouvernement et de participer aux consultations sur la révision de la Constitution, le président tente de convaincre encore une fois l'opposition en lui promettant plus d'ouverture. Le président réélu se dit convaincu que la Constitution d'un Etat fort ne peut se faire sans l'implication de toutes les parties. «La construction d'un Etat fort et juste reposant sur la liberté, les valeurs morales, des institutions s'acquittant de leurs devoirs dans les limites de leurs prérogatives, le respect de la liberté du citoyen et la garantie de son progrès et de sa prospérité dans le cadre d'un équilibre entre droits et devoirs, ne saurait se réaliser sans la conjugaison des efforts dans la sérénité et l'unité loin de la haine et de la discorde», a soutenu le chef de l'Etat. Pour lui, il ne s'agit pas ici d'un appel à la restriction de la liberté d'opinion et de critique ni du droit à la différence car ce sont des composantes de l'incontournable construction démocratique. Il est plutôt question de «la réunion de toutes les volontés nationales dans un esprit de solidarité, de coopération et de concorde en vue de consolider les bases de ce que nous entendons réaliser et d'asseoir les fondements permettant la pleine mise en oeuvre du nouveau programme dans les meilleures conditions possibles». Le chef de l'Etat a été un peu critique envers les partis de l'opposition. Il a rappelé que «la démocratie ne veut pas dire crispation, invective et intimidation et qu'une démocratie saine ne se construit pas sur la discorde systématique et les antagonismes». Faisant référence au projet de la Constitution et à la conjoncture actuelle, le chef de l'Etat affirme que «certaines situations exigent de mettre les différends de côté et de se focaliser sur les dénominateurs communs pour sauvegarder les intérêts suprêmes de la nation et du pays». Evoquant les défis de la prochaine étape, le président de la République a assuré que «nombre de défis sérieux existent tant sur le plan extérieur, aux niveaux régional et international, que sur le plan intérieur, à l'instar de la consolidation de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la construction d'un système économique fort reposant sur les ressources propres et la diversité, le raffermissement du tissu social, la protection sanitaire et la promotion de l'enseignement, tous paliers confondus».Dans son discours, le président de la République a évoqué largement les questions de la jeunesse et de la diversification de l'économie. Sur la transmission du flambeau aux jeunes, le chef de l'Etat assure qu'une nouvelle étape a commencé. «Nous sommes face à une nouvelle étape du processus de construction qui fonde l'avenir et qui nous impose de donner la chance aux nouvelles générations et aux jeunes compétences que recèle notre pays afin qu'elles puissent apporter leur concours à l'édification et à la protection du pays», a-t-il indiqué. Quant à la diversification et la promotion de l'économie nationale pour qu'elle réponde aux besoins du peuple, le président Bouteflika a précisé que la négligence dans le travail et dans la création de la richesse ne peut plus durer et que l'exploitation des ressources naturelles ne saurait persister avec la consommation inutile, la mauvaise gestion et le manque d'intérêt pour le travail productif et créateur dans tous les domaines d'activité. «Nous devons tirer les enseignements de cet anniversaire et nous résoudre à servir le pays et à aller de l'avant dans le processus de construction et d'édification», a conclu le président Bouteflika en éludant complètement la question de la repentance.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadia BENAKLI
Source : www.lexpressiondz.com