Bouira - A la une

La rentrée scolaire ratée à Bouira



Elle a connu certains "couacs" en dépit des assurances des autorités.Il a d'ailleurs estimé mercredi dernier sur les ondes de la radio locale que "tout a été fait" afin de garantir une rentrée sous les meilleurs auspices. Il faut dire que ces carences sont chroniques et attestent d'un fait irréfutable : les pouvoirs publics n'ont pas encore retenu les leçons des rentrées précédentes. Ainsi, entre établissements délabrés, manque de transport scolaire et surcharge des classes, les élèves tout comme leurs parents ont vécu une rentrée des plus mouvementées. En effet, contrairement à la rentrée 2018, où les autorités locales avaient installé une commission de veille sanitaire laquelle devait instaurer une certaine hygiène au sein des établissements scolaires, cette année aucune commission n'a été annoncée, et de ce fait plusieurs établissements scolaires, notamment les écoles primaires, sont restées à l'abandon.

Des écoliers livrés à l'insalubrité
En effet, à l'école primaire Belghali-Ahmed, relevant de la localité de Tala Boughlal (commune de Taghzout, est de Bouira), point d'opération de nettoyage ou encore un agent du BHC à l'horizon.
Certains enseignants qui ont fait leur rentrée la veille disent avoir interpellé le directeur de leur établissement, en vain. Même topo du côté de l'école primaire Abane-Mohend-Arezki, dans la localité d'Ighil Naït Amer (commune d'Ahnif), où les écoliers côtoient les excréments animaliers, infiltrations d'eaux usées et autres immondices entassées à proximité dudit établissement. Plus à l'est, précisément dans la commune de M'chedellah, les écoles primaires Zouzamen et Azouz-Amar, sises à Assif Assemad, font face à une détérioration tous azimuts. À l'ouest de la wilaya, la situation est quasi identique. Certains parents d'élèves des communes montagneuses de Zbarbar et Maâla ont affirmé à Liberté qu'"aucune opération n'a été lancée" jusqu'à jeudi. Ces mêmes parents d'élèves se disent réticents de laisser leurs enfants rejoindre leurs établissements dimanche prochain. "Honnêtement, les conditions d'hygiène laissent à désirer et avec tout ce qui se passe avec le choléra et autres infections, j'ai peur pour mon enfant", dira Ahmed Chaalal, parent d'un élève de 8 ans, scolarisé à l'école primaire Si-Lakhdar de Zbarbar. En revanche, les établissements primaires du chef-lieu de wilaya, ainsi que ceux des grandes agglomérations ont pour ainsi dire été privilégiés et ont bénéficié d'une grande opération de nettoyage.
Le transport scolaire toujours défaillant
Outre la vétusté de certains établissements, la problématique du transport scolaire subsiste toujours à Bouira, en dépit de la mise en place de 67 nouvelles lignes de ramassage scolaire à travers toute la wilaya. Ainsi, des centaines d'écoliers à travers les nombreuses localités de la wilaya, notamment celles situées dans les zones montagneuses, arrivent en retard aux cours ou dans certains cas, ils sont obligés de "zapper" le premier cours de la journée à cause du manque criant de transport scolaire. Aussi bien à Kadiria, Maâla, Zbarbar ou encore Ath Mensour et autres localités enclavées, la colère des parents est palpable. "Depuis plusieurs années, on n'a pas cessé de réclamer des bus pour nos enfants, mais à chaque fois, les autorités concernées font la sourde oreille", explique un père de famille. Et d'ajouter pour exprimer son inquiétude : "Je suis obligé de quitter mon travail afin d'accompagner mes enfants de l'école. Les écoliers courent un réel danger en parcourant cette route jonchée de crevasses et autres ravins."
Dans la commune d'Ath Mensour, le manque de transport scolaire a gâché cette rentrée. En effet, hier, nombre de chérubins n'ont pas pu arriver à l'heure et effectuer leur rentrée sous de bons auspices, notamment dans la localité de Tihamamine. Face à cette situation, les élus locaux, du moins ceux interrogés, interpellent les pouvoirs publics sur l'impérieuse nécessité d'accorder plus de subventions aux collectivités locales afin d'assurer le transport aux écoliers. "Une APC comme Maâla ne peut s'offrir le luxe de louer des bus pendant toute une année scolaire et encore moins en acquérir un ou deux", indiquera un élu de ladite commune.
Surcharge des classes et manque d'enseignants
Le spectre de la surcharge va encore planer durant cette année scolaire dans plusieurs établissements scolaires. Les parents d'élèves n'ont pas mis de temps pour réagir et dénoncer le laxisme des autorités. À Sour El-Ghozlane, une ville située à 35 km au sud de Bouira, les parents d'élèves du CEM Rebahi-Lakhdar du chef-lieu communal ont empêché leurs enfants d'entrer à l'établissement, en guise de dénonciation du manque de places pédagogiques de manière suffisante. Les protestataires affirment que la surcharge est importante dans cet établissement scolaire. Plus de quarante élèves par classe, souligne-t-on.
Taoudiat Mohamed, coordinateur du Cnapeste à l'échelle locale, a alerté sur le cas du CEM Tazaghart-Achour, dans la commune d'Aghbalou, où les classes connaissent des occupations pouvant atteindre 43 élèves. En outre, plusieurs établissements se plaignent d'un manque de professeurs. Les exemples sont légion. De nombreux établissements implantés dans le sud de la wilaya sont dépourvus d'enseignants.
Le cas du nouveau lycée de la commune de Maâmoura est flagrant. Le directeur de l'éducation loca a admis un déficit de 166 enseignants, notamment les enseignants de langue française. Il s'est justifié par le fait qu'il n'est pas de ses prérogatives de prendre des décisions consistant à engager des contractuels, mais du ressort de la ministre de l'Education nationale.
RAMDANE BOURAHLA
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