Bouira - A la une

La population réclame sa part du développement



Les localités d'Ouled Saïdi, Ouled Gacem, Bsibsa et Thalbiya (commune de Zbarbar, à 78 km à l'ouest de Bouira) connaissent un réel déficit en matière d'aménagement et d'infrastructures de base, un état de fait qui a poussé, dimanche, certains citoyens à cadenasser les portes du siège de leur APC afin d'exiger une meilleure prise en charge de leurs doléances. Cette commune de près de 8000 habitants, perchée à 980 m d'altitude, se remet peu à peu des affres de la tragédie nationale, et les pouvoirs publics n'ont pas tout fait pour panser les plaies de cette région meurtrie.Ou plutôt si, ils ont abreuvé les citoyens de promesses qui n'ont jamais été concrétisées sur le terrain. Ainsi, hormis des programmes d'aides à l'habitat rural, qui ont permis aux citoyens ayant fui la barbarie islamiste des années 1990 de revenir chez eux et occuper leurs terres, rien ou presque n'a été fait pour doter cette commune en commodités de base essentielles à une vie digne. En effet, le gaz naturel n'est pas encore arrivé dans les foyers, les espaces de loisirs et de détente pour les jeunes sont quasi inexistants, et les structures de santé publique sont délabrées, voire inexistantes à certains endroits. Cet état de fait exaspère au plus haut point les villageois qui n'hésitent pas à le faire savoir.
En effet, certains citoyens croisés se disent "abandonnés" par les autorités. "Nous exigeons du wali d'intervenir pour constater les conditions dans lesquelles nous vivons, mais aussi pour prendre des mesures d'urgence en faveur de notre commune, qui a enfanté de valeureux guerriers durant la guerre d'indépendance et pendant la décennie noire", indiquent les citoyens du hameau de Thalbiya. Pour les villageois d'Ouled Gacem, un bourg littéralement coupé du monde faute de chemin d'accès, les autorités concernées "n'ont rien fait" pour eux.
"Où est le réseau d'assainissement promis par l'ancien wali ' Où sont les pistes agricoles ' Où est le stade communal ' Les autorités viennent nous bercer de douces illusions puis repartent, c'est ainsi depuis plus de 10 ans", fera savoir Mourad, un ex-cadre de l'enseignement désormais à la retraite. Pour rappel, en décembre 2016, l'ancien wali de Bouira s'était engagé à renouveler le réseau d'assainissement de la commune pour un montant de 7 millions de dinars. Le même responsable avait, lors de son passage sur les lieux, accordé une cagnotte de 4 milliards de centimes pour le désenclavement de ces villages.
Trois ans plus tard, ces projets sont toujours au stade de chantier ou n'ont pas encore démarré. "Notre patience n'a que trop duré. Nous sommes des laissés pour compte et abandonnés par les autorités (?) Nous sommes quasiment en 2020 et sommes toujours contraints de faire un petit stock de bonbonnes de gaz butane et remplir de l'eau à partir des oueds. C'est une honte !", déclarent d'un ton exaspéré de nombreux villageois d'Ouled Saïdi.

RAMDANE BOURAHLA
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