
La guerre n'est pas finie. C'est ce que l'on retient de l'opération militaire qui a permis d'éliminer, ces derniers jours, 25 terroristes dans les maquis de la wilaya de Bouira.Il y a moins d'un mois, sept autres individus armés ont été abattus à Yakouren, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ces bilans de guerre, comprenant également la récupération d'armes lourdes, montrent que les rangs de la soldatesque islamiste se régénèrent et se maintiennent dans les maquis, cela après de très nombreuses années de maillage et d'opérations militaires.On est plus proche de la sonnette d'alarme que du cri de victoire. La présence au même endroit d'un groupe armé aussi important est déjà un échec sécuritaire, même si l'opération militaire qui a permis de le décimer a clairement mis en échec l'agenda terroriste immédiat.Encore une fois, la lutte ne fait que redémarrer et ne peut pas s'arrêter à la publication des photos de ce qui reste de ce conclave avorté des terroristes. Si une voix gouvernementale parle d'un «bond qualitatif» dans l'action des services de sécurité, il faudra prendre acte de l'évolution «quantitative» des groupes terroristes, pouvant transformer de paisibles localités en zone de guerre.Pour que l'opinion publique croie à une redynamisation de la lutte antiterroriste, il est recommandé d'abandonner le qualificatif «résiduel» qui suscite l'inquiétude plus qu'il ne rassure. Un homme politique du sérail avait utilisé cette formule en février 2007, précisément à Bouira, deux mois avant l'attaque du Palais du gouvernement à Alger. Un an plus tard, le ministre de l'Intérieur de l'époque estimait qu'entre 300 et 400 terroristes activaient dans les maquis algériens. A présent, l'on parle de «cellules terroristes» mais qui peuvent perdre en un mois près de quarante éléments en deux opérations ponctuelles.Au risque de contredire la voix officielle qui évoque le bond qualitatif à la suite de l'opération menée à Bouira, on rappellera que la lutte antiterroriste a été déterminante, mais il y a bien longtemps, au milieu des années 1990. La puissance de feu des unités militaires n'était qu'un élément dans le dispositif de lutte qui reposait essentiellement sur les groupes de Patriotes, non pas affectés mais recrutés dans chaque village. Le terrain était entièrement sous contrôle, l'approvisionnement et le soutien étaient rendus impossibles.Le maquis terroriste, autrement plus fourni que ces dernières années, puisqu'il recevait de pleines escouades de l'ex-FIS, a été littéralement disloqué. Les bilans étaient moins «lourds» que ceux d'aujourd'hui, mais la victoire militaire sur la subversion islamiste était palpable. Le tournant politique de la fin des années 1990 a été dévastateur sur la lutte antiterroriste, quasiment paralysée par la stratégie de la main tendue. De l'organisation des Patriotes, il ne reste qu'une voix presque inaudible réclamant une reconnaissance et quelques droits sociaux.Les dernières évolutions de la scène sécuritaire rappellent que le pays n'est pas encore sorti de l'ornière terroriste. En attendant un bon qualitatif? en politique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djaffar Tamani
Source : www.elwatan.com