Bouira - Revue de Presse

L?Intox



Un témoignage de Boualem Oussedik Un jour, les soldats français avaient capturé une combattante de l?ALN du côté de Bouira. Son calvaire a commencé aussitôt après son arrestation. Ils l?ont carrément jetée dans une tranchée. Ils ne l?ont pas enfermée dans une cellule, mais balancée dans une tranchée fangeuse, un trou. Comme un animal. De temps à autre, on la retirait pour lui faire subir toutes sortes de sévices et la soumettre à diverses tortures physiques et morales. Pour la casser. Puis, on l?a rejetait dans sa tranchée. Ainsi pendant plusieurs jours. La pauvre femme a été littéralement démolie. Une fois, alors qu?elle se trouvait à côté du bureau du capitaine de la Section administrative spécialisée (SAS), dont la porte était ouverte, elle saisit une conversation. En fait, ses geôliers avaient man?uvré de telle façon qu?elle puisse se trouver à cet endroit à cet instant pour qu?elle entende ce qu?ils voulaient qu?elle entende. Ainsi, croyant surprendre une discussion entre des officiers de l?armée qui parlaient à haute et intelligible voix, suffisamment en tous cas pour qu?elle puisse écouter tout ce qu?ils disaient, bien sûr comme si c?était par hasard. Le capitaine demandait : « Au fait, est-ce que le commissaire politique X, qui travaille avec nous, a envoyé son rapport ? » L?infortunée victime connaissait évidemment le commissaire politique en question, les Français le savaient. Ils ont ensuite mis en scène sa fuite faisant en sorte qu?elle croit qu?elle a d?elle-même faussé compagnie à ses gardiens et qu?elle s?est évadée. Tout était enfin organisé pour qu?elle puisse rejoindre le maquis sans encombre. Revenue parmi les siens, et tout à fait involontairement, parce que agissant à son insu, croyant faire son devoir de militante, elle a répété en toute innocence ce qu?elle avait entendu lors de sa détention. Elle a ainsi semé la pagaille et surtout la suspicion dans toute l?unité. Le tour était joué. Nous nous en sommes aperçu à temps et avons contré l?intox. « Pour éviter la gangrène, et par la même la sauver, nous l?avons éloignée du maquis et l?avons placée dans une famille. L?autre solution aurait été de la tuer. Les militaires français l?ont d?ailleurs envoyée pour cela, pour que nous liquidions un commissaire politique de valeur et éliminer la militante intoxiquée. » Un témoignage de B. Oussedik (entretien avec l?auteur). Voir également El Watan du 29 avril 2004.
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