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L'APC en grève illimitée depuis mercredi BOUIRA



L'APC en grève illimitée depuis mercredi                                    BOUIRA
Depuis mercredi dernier, les personnels communaux ont débrayé pour une durée illimitée.
Ayant longtemps attendu la concrétisation des revendications incluses dans une plate-forme établie à la rentrée sociale de l'année 2010, les manutentionnaires, les simples employés, les éboueurs, les agents des regies... sont à leur troisième action après celles de septembre, de mars et celle qui en cours depuis mercredi dernier. A peine l'arrêt de travail entamé, les rues du chef-lieu de wilaya grouillent dèjà d'amas d'ordures. Le chantier de démolition du collège préfabriqué qui portait le sceau de l'urgence est à l'arrêt également. L'état civil qui grouille de monde en prévision des résultats des examens de fin d'année et la forte demande de documents pour les opérations d'inscription. Les personnels communaux affiliés à l'Ugta, au Snapap ont bien choisi la période. L'été reste la saison des risques, mais aussi celle d'une forte demande en documents. «Parce qu'ils promettent et nous leurrent à chaque fois, nous ne reprendrons qu'une fois nos droits acquis», nous affirme un employé de l'état civil recruté dans le cadre des cinq heures.
Ce recrutement n'est en fait qu'un contrat à durée déterminée (CDD), mais qui s'éternise sans que l'administration n'essaie de permaniser le concerné. «Oui nous travaillons comme tout le monde de 8 à 16h, nous touchons beaucoup moins. Nous n'accepterons plus ces injustices» s'indigne un employé qui n'a pas le droit de se syndiquer parce qu'il est contractuel. La même situation concerne les nombreuses recrues dans le cadre de l'emploi des jeunes ou du filet social. «Nous sommes les esclaves de l'ere contemporaine. Nous travaillons des heures durant contre des pseudo salaires qui ne suffisent même pas à habiller un enfant nourrisson», nous affirme un gardien de stade.
Le problème déjà soulevé auprès de la commission sénatorielle des affaires juridiques, adminstratives et des droits de l'homme risque de perdurer tant que la Fonction publique restera le maître décideur quant aux recrutements. Les ouvriers professionnels eux sont utilisés à tort et à travers. Ils sont appelés là où il y a problème. Recemment et pour démolir un CEM en préfabriqué, les manutentionnaires de la régie communale ont été affectés sur un site sans aucun matériel de sécurité manutentionnaires excepté des lunettes et des gants remis au troisième jour des travaux, surtout que sur place, ils allaient se frotter à de la «laine de verre», un produit hautement allergique et dangereux pour la santé quand il est inhalé. Les grandes chaleurs sont un facteur désavantageant. Les ordures commencent et trois jours seulement après le debut de la grève à joncher les trottoirs et à occuper l'espace public. Les odeurs nauséabondes, les moustiques, les rats et tous les animaux errants ont une réelle occasion pour proliférer et devenir un danger de santé publique. «Nous travaillons jusqu'à 15 heures par jour. Nous prenons des risques. Notre santé est en danger... en face, on continue à nous mépriser et nous laisser pour-compte», nous affirmera le chauffeur d'un camion benne. En attendant la fin du bras de fer, les habitants essaient de s'adapter en évitant de faire sortir leurs ordures ménagères en utilisant des sachets spéciaux pour éviter d'accentuer la crise. Hier, nous avons appris que les discussions entre les syndicalistes et le premier magistrat de la ville continuaient afin de trouver une issue qui, si elle venait à durer, serait alors un vrai danger pour tout le monde.
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