
Moins de quatre jours après la fin du feuilleton de l'assassin de Taghzout, à 10 kilomètres au nord-est de Bouira, qui avait défrayé la chronique pendant 10 jours, le chef du groupement de la Gendarmerie nationale de Bouira, le colonel Aribi Mahdjoubi Kamel, a organisé hier, au niveau du groupement, une conférence de presse dans laquelle il est revenu sur cette affaire.Ainsi, concernant l'arrestation du criminel, B. Amar, âgé de 63 ans, le colonel dira que celle-ci a été effectuée mercredi dernier aux environs de 15 heures, soit un peu plus de 24 heures après le quatrième meurtre commis par l'assassin sur la personne de son frère, Abdelkader, âgé de 75 ans.L'histoire de ce quadruple meurtre est liée à un conflit familial qui remonte à des décennies. Les deux frères ayant toujours eu des rapports tendus à cause d'une piste qui mène vers les terres familiales et qui passe par la maison d'Abdelkader. Les deux frères ont eu déjà des altercations et le frère aîné, Abdelkader, avait même tiré sur son jeune frère Amar et avait été emprisonné à deux reprises durant les années 1990. Malgré ces peines de prison, le conflit n'a pas été réglé et, pire, même les familles se sont mêlées de ce problème, qui concernait initialement uniquement les deux frères.Lorsque le 11 juin dernier, l'assassin Amar est passé à l'action, en tuant froidement un de ses neveux, sa nièce et sa belle-sœur, la femme de son frère Abdelkader, la gendarmerie a immédiatement entrepris une vaste opération de recherche du criminel, en même temps qu'elle avait saisi les armes à feu en possession d'Abdelkader et ses deux autres enfants encore en vie, Ali et Saà'd. La gendarmerie avait dessaisi les membres de cette famille de leurs armes de peur de les voir entreprendre une sorte de vengeance contre leurs cousins, les enfants d'Amar, l'assassin fugitif.Cela étant, pendant ces 10 jours, les recherches se sont intensifiées mais, l'assassin, qui était, de l'avis de tous les villageois, un très bon chasseur et connaissant très bien les lieux, réussit toujours à échapper à l'étau qui se resserrait autour de lui. Pendant 10 jours, il s'approvisionnait auprès des épiceries des villages environnants sans attirer les soupçons, car laissant son fusil caché dans les buissons.Pour le meurtre de son frère Abdelkader, et d'après toujours le colonel Mahdjoubi, l'assassin qui connaissait vraiment le terrain et qui avait bien étudié les mouvements de son frère et ses deux enfants encore en vie, a profité de la nuit pour s'approcher de la maison en se cachant dans un buisson d'où il pouvait commettre son acte sans rater ses cibles. Il resta là , dans ce buisson, les pieds dans l'eau, dans une sorte de mare pendant près de 10 heures, soit pendant toute la nuit de lundi à mardi jusqu'au petit matin quand son frère Abdelkader et son fils Saà'd sortirent de la maison pour aller probablement vers Bouira.Le criminel qui les avait dans son viseur, temporisait un peu car, en même temps, Ali était sur une dalle embusqué et avait un fusil. Amar attendit qu'Ali quitte la dalle pour passer à l'action en tirant à une trentaine de mètres sur son frère Abdelkader qu'il touchera au thorax, le tuant sur le coup, alors que Saà'd a réussi à fuir. En même temps, Ali, qui a entendu les coups de feu, regagna vite la dalle et usera de son arme, un fusil de chasse, et tirera deux coups de feu en direction de son oncle criminel, Amar, mais sans le toucher. Amar quittera les lieux indemne et s'évaporera dans la nature. Moins d'une heure plus tard, les gendarmes seront à nouveau déployés dans les lieux mais cette fois-ci en grand nombre.Le colonel Mahdjoubi dira que pendant toute la journée de mardi et celle de mercredi, plus de 200 gendarmes du Groupement d'intervention rapide (GIR) et des autres brigades des communes et de la compagnie ont été envoyés sur les lieux pour boucler le périmètre afin de ne laisser aucune chance au criminel de s'échapper ou profiter d'une quelconque aide.Car, selon les investigations engagées pendant les derniers jours ainsi que l'analyse des puces des portables des fils de l'assassin et de sa fille, les gendarmes ont réalisé que l'assassin était en contact avec ses enfants. Aussi, après son quatrième meurtre, tous les contacts ont été surveillés et grâce à cette méthode, la collaboration active des enfants de l'assassin, ainsi que l'utilisation d'un hélicoptère, de chiens, dont un chargé de l'explosif, le tout, et pour cause de terrorisme, quadrillé de loin par l'ANP, l'assassin a fini par être neutralisé. Aux environs de 15h, le mercredi, et grâce à la puce en sa possession, B. Amar a été repéré non loin des lieux de l'assassinat, dans la forêt d'El-Maâdhi, et pour éviter qu'il se suicide, les gendarmes ont fait venir son fils aîné qui était rentré avec lui en pourparlers. Il finira par être arrêté et son arme récupéré. Lors de son arrestation, et toujours d'après le récit donné par le colonel Mahdjoubi, l'assassin Amar B., âgé de 63 ans, était épuisé car privé, pendant plus de 48 heures, de nourriture et d'eau.D'après toujours le colonel Mahdjoubi, lors de son audition par les gendarmes, l'assassin aurait avoué ses quatre meurtres et confié aux gendarmes qu'il avait l'intention de tuer toute la famille de son frère aîné Abdelkader, c'est-à-dire y compris Saà'd et Ali qui ont échappé mais, en même temps, dit avoir regretté la mort du petit Rabah, son neveu et sa nièce qu'il dit avoir confondu avec l'un des deux autres enfants de son frère Abdelkader. Pour le mobile du crime, le colonel Mahdjoubi dira que l'assassin a évoqué un conflit familial, dû à l'héritage et une piste, l'unique, qui passe par ses champs. Un conflit familial qui a fini d'une manière dramatique avec, d'un côté, un frère, sa femme et deux de leurs enfants tués froidement, et de l'autre, l'autre frère, qui devra croupir en prison en laissant une tache noire pour ses propres enfants et ses neveux encore en vie. Et plus que tout, une tache noire pour toute la famille B.Signalons que pendant que le colonel organisait cette conférence, le meurtrier B. Amar était devant le juge d'instruction près le tribunal de Bouira. Il devra être mis sous mandat de dépôt pour des chefs d'inculpation de quadruple homicide volontaire avec préméditation et usage illégal d'une arme à feu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y Y
Source : www.lesoirdalgerie.com