
L'accession vient couronner un travail de plusieurs annéesMême si les fondateurs ont attendu la veille du Mouloud pour annoncer la naissance, le Mouloudia de Bouira est né le jour des massacres de Guelma, Kherrata, Sétif...L'accession en inter-régions du doyen des clubs de Bouira, le Mouloudia Baladiat Bouira (MBB anciennement MCB) fondé en 1945 et la célébration du 8-mai 1945 sont une occasion pour revenir sur le passé héroïque de cette équipe qui a cogité pendant des décennies dans les bas niveaux du foot national. Comme chacun le sait, l'équipe drivée par Fettache Rachid, un jeune entraîneur local, composée à 95% de joueurs issus des catégories des deux formations de la ville en l'occurrence le MBB et le MCB fondé en 1991 vient de remporter le championnat de la régionale 1 groupe Centre avec 13 points d'avance sur ses concurrents. Il est plus qu'opportun de retracer l'histoire de cette équipe qui a permis aux Bouiris de renouer avec le sport roi dans l'enceinte qui porte le nom d'un de ses illustres chouhada, Bourouba Saïd. L'appellation Mouloudia Baladiat Bouira date de la réforme qui avait par le passé prévu de rattacher les équipes aux entreprises publiques. L'autre Sidhoum, le défunt moudjahid Djaffar décide en 1991 de créer la seconde équipe de la ville et de lui donner l'appellation de son ancêtre, le Mouloudia Chaâbia de Bouira. Avec cette accession réussie par un staff qui a compté sur les joueurs issus de la formation et des catégories des deux teams, Hamadi Nourredine, Boukherouba Ali, Fettache Rachid... ont réussi là où beaucoup avant eux ont échoué. La référence en la matière reste cette période d'El Khalifa où le MCB était devenu un centre pour retraités. Des joueurs en fin de carrière tels Merraga, Zane, Ait Tahar, Moussouni, Khattir, Kherroubi, Karouf... sont venus arrondir leurs comptes bancaires. En recrutant les Saidoun, Karoun, Belouarem, Allouache, Mazouni, soit 22 joueurs sur 25 parmi les jeunes locaux, le MBB a fini par casser le signe indien et chasser la poisse. L'occasion est propice pour rendre un hommage aux fondateurs en mettant en exergue l'histoire de cette équipe. La récente décision de baptiser les quartiers, numéroter les rues et organiser nos villes et villages est une opportunité pour rendre à ces hommes et femmes qui ont donné leurs vies respectives pour l'Algérie. Bouira peut réserver une rue, une structure sportive, un espace public... à ce jeune, Hacene Sidhoum qui un jour a donné la vie au porte-drapeau qu'était le Mouloudia Club de Bouira. Le 8-mai 1945, un jeune décide de secouer le cocotier. Hacene Sidhoum, à peine âgé de 26 ans, décide de défier directement l'occupation française. Les événements et les massacres sont là pour rappeler au peuple algérien que la France n'était pas prête à céder un espace aux autochtones. Ce jeune qui militait dans les rangs des scouts, au sein de l'Association des oulémas musulmans et de toutes les organisations clandestines qui voulaient l'indépendance de l'Algérie, décide de fonder un club parallèle à celui des colons. Le Mouloudia Club de Bouira est venu concurrencer le Football Club de Bouira. Le football n'était en fait qu'un prétexte pour permettre des concertations, des rencontres et la mise en place des stratégies de combat pour l'indépendance de l'Algérie. Hacene Sidhoum, Gerbi Gamraoui, alors commissaire politique du FLN pour la région, Bourouba Saïd (chahid), Mohand Ouameur Abdelkader (chahid) Boussaadi Loucif, Rahim Gualia, Mahfouf, Hadjabi, Chaid Mohamed Benabdallah Mohamed portent la parole du peuple sur les terrains de toute la région centre du pays en croisant le fer avec d'illustres équipes. Le choix des couleurs du club n'était pas anodin, le Vert et Rouge. C'est au summum de la lutte pour l'indépendance qu'une partie du groupe au retour d'un match joué dans la région de Tizi Ouzou quitte le bus qui les ramenait au niveau des actuelles gorges de Lakhdaria pour rejoindre le maquis. «Ce départ avait été préparé dans le secret absolu parce que les occupants avaient au sein du club et autour des indicateurs qui les informaient du travail des dirigeants et des joueurs du Mouloudia» dira Aït Kara, un joueur qui a évolué en catégorie aux cotés de ces icônes. Les dirigeants en plus de s'occuper de l'équipe, collaboraient avec l'OS, surtout que le statut leur permettait de se déplacer dans diverses régions du centre du pays. Ces déplacements servaient la cause et plusieurs chouhada alors recherchés passaient à travers les barrages en se mêlant aux joueurs de l'équipe. Hacène Sidhoum aussi a participé bénévolement à la réalisation de l'ex-médersa, devenue aujourd'hui l'école coranique. L'édifice devenu un lieu de rayonnement sera réquisitionné par les forces d'occupation qui le transformeront en centre de détention et de torture. Pour rectifier cet oubli, les anciens sportifs de Bouira viennent de lancer une pétition adressée aux autorités locales où ils sollicitent la dénomination d'un lieu à la gloire de Hacene Sidhoum. En marge de la célébration de cette accession amplement méritée, l'association des anciens du Mouloudia envisage aussi d'organiser une grand tournoi de football à la mémoire et la gloire de ces martyrs de la révolution. Le tournoi concernera les poussins et se déroulera selon les organisateurs à l'occasion de la Journée de l'enfant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com