Bouira - Revue de Presse

Guerre des chiffres et confusion



Le double attentat à la bombe perpétré dimanche à Beni Amrane (Boumerdès) a suscité une polémique concernant le nombre de victimes. Ce n'est pas la première fois que cela se produit. En effet, et contrairement aux chiffres avancés hier par quelques titres de la presse nationale et l'agence AFP, faisant état de 13 morts, dont un ressortissant français, le ministère de la Défense nationale vient de démentir, dans un communiqué, ce bilan en affirmant que « cet attentat n'a fait que deux morts : un ressortissant français et son chauffeur de nationalité algérienne exerçant dans une société française des travaux publics ». Le MDN qualifie les chiffres rapportés par la presse nationale d'« inexacts ». La réaction du MDN trouve peut-être son explication dans le fait que certaines des victimes dont ont parlé les médias sont des militaires. Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, chargé officiellement de gérer l'information sécuritaire, a, quant à lui, mis du temps pour réagir. Il a fallu en effet attendre 24 heures après l'attentat de Beni Amrane pour que le département de Zerhouni rende public un communiqué. Un démenti dans lequel il précise que l'attentat « a été enregistré à l'est d'Alger au niveau de la gare de Beni Amrane, le 8 juin 2008, un attentat à l'explosif qui a fait deux morts et un blessé ». Cette guerre des chiffres a conduit en tout cas à une situation confuse qui ne peut être que le résultat d'un déficit en matière de gestion de l'information sécuritaire.L'absence manifeste d'une stratégie de communication par les pouvoirs publics laisse souvent place à une guerre de chiffres, aux rumeurs et à la polémique qui porte atteinte à la crédibilité des institutions concernées tout en créant un climat de psychose au sein de la population. Hier encore, une grande confusion s'était installée après que l'agence Reuters ait rapporté une information faisant état d'un attentat à Bouira. Cette agence, citant des sources sécuritaires, a rapporté un attentat qui aurait ciblé, dans l'après-midi, la gare routière de Bouira, faisant au moins 20 morts. Cette information, relayée par plusieurs sites internet étrangers d'information, a été démentie quelques heures plus tard par la radio nationale qui cite des sources officielles.Le ministère de l'Intérieur a encore attendu la fin de la journée pour apporter un démenti catégorique à la dépêche de l'agence de presse Reuters. « Une dépêche de l'agence Reuters, reprise pas des médias étrangers, fait état d'un attentat à l'explosif à l'est d'Alger au niveau de la gare routière de Bouira qui aurait fait plusieurs victimes. Cette information est dénuée de tout fondement », souligne un communiqué du ministère, repris pas l'APS. Les correspondants de l'AFP et de Reuters ont été par ailleurs successivement convoqués hier après-midi au ministère de la Communication, a appris l'APS auprès de ce ministère. Dans les deux cas, les correspondants de l'AFP et de Reuters ont fait preuve, précise-t-on de même source, « d'extrême légèreté dans le traitement des informations sensibles relatives au terrorisme ». On souligne dans ce contexte que « le travail journalistique, y compris dans l'aspect sécuritaire, est totalement garanti et respecté en Algérie, mais n'autorise pas en revanche des comportements irresponsables et répétés contraires à l'éthique et à la déontologie journalistiques, s'agissant surtout du terrorisme qui se nourrit précisément de propagande ».
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