Le 39e mardi de révolte estudiantine contre le système à Bouira s'est déroulé, hier, dans un climat particulier puisqu'il coïncidait avec le 3e jour de la campagne électorale. Pour l'occasion, les étudiants ont, encore une fois, rejeté l'élection du 12 décembre prochain et la feuille de route que veut imposer le pouvoir en place. Selon les milliers de manifestants qui ont battu le pavé dans la ville, le scrutin que compte organiser le système n'a aucun sens. D'après les protestataires, la sortie de crise ne peut venir de ceux qui ont contribué à maintenir le système et veulent le pérenniser, alors qu'il est à l'origine de cette même crise. "La seule et unique solution à la crise actuelle est de passer directement vers un conseil de transition. Pour ce faire, le départ du gouvernement de Bedoui est une condition sine qua non", souligne Syphax, un étudiant qui brandissait une pancarte où était écrit : "Ulac l'vot ulac". "Nos revendications sont claires et limpides : nous voulons bâtir une nouvelle Algérie avec un nouveau système, de nouvelles figures et sur des bases saines", dit-il. Les cinq postulants à la magistrature suprême ont été hués par les manifestants. Selon eux, ils constituent "un rempart contre l'instauration d'une véritable démocratie". D'autres ont déploré "l'aveuglement" et le "mépris" du pouvoir quant aux revendications populaires. "Nous en sommes à notre 39e semaine de manifestation, quasiment dix mois après le début de la révolution, et ce système s'entête encore et toujours à aller vers une élection présidentielle que tout un peuple rejette", déplore un jeune étudiant qui brandit une pancarte sur laquelle on pouvait lire : "Oui pour la transition, non à l'élection de la honte". Par ailleurs et lors de la marche citoyenne organisée simultanément, les manifestants ont lancé un message très clair aux magistrats. "Halte à la justice du téléphone", ont-ils scandé. Des centaines de citoyens munis de banderoles et autres pancartes où il était écrit : "Libérez les otages", "Libérez la justice", ont sillonné les différentes artères de la ville de Bouira en scandant des slogans hostiles au pouvoir en place. Lors d'une halte marquée au niveau de la cour de justice, les protestataires ont adressé un message on ne peut plus clair aux magistrats, plus précisément à ceux du tribunal de Sidi M'hamed d'Alger. "Vous avez trahi votre noble fonction, vous avez trahi le peuple (?) Aujourd'hui, vous avez jugé nos enfants, demain, ce sera l'Histoire qui vous jugera", ont-ils asséné.
RAMDANE BOURAHLA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane BOURAHLA
Source : www.liberte-algerie.com