Bouira - A la une

Et de treize



La marche d'hier, la 13ème du genre, a vu la participation de quelques milliers d'irréductibles. Comparativement aux précédentes, la manifestation de ce vendredi, est la deuxième du mois sacré du Ramadhan. La scission constatée lors de la 10ème marche semble avoir laissé des séquelles, puisque même au niveau des slogans on ne fait plus l'unanimité. Les manifestants se sont répartis en carrés et chaque groupe privilégie une revendication sur une autre. «Yatnahaou gaâ» est le dénominateur commun pour l'ensemble des marcheurs. Sous un soleil de plomb, dur de marcher pendant le Ramadhan. Ce vendredi du mois sacré du Ramadhan a coïncidé avec la 13ème édition des marches pour le changement entamées depuis le 22 février 2019. Comparativement aux marches précédentes, celle d'hier donnait une impression de maturité au niveau des slogans, de l'organisation. Les cris au départ du système» ont été les plus en vue tout au long de la marche aux côtés des slogans traditionnels de la région «Ulac smah ulac», «y en a marre de ce pouvoir» est venu s'installer le refus du FLN et du RND au passage devant les sièges de ces deux partis. Pour rappel, les éditions 10 et 11 ont connu des couacs quand une partie des marcheurs avait proposé un sit-in sur une aire au centre-ville et l'autre partie voulait continuer dans les marches sur l'itinéraire habituel. Cette division était concrètement visible le vendredi de la 11ème marche où le nombre a sensiblement reculé. Passé cet incident, hier après la prière du vendredi, les Bouiris sont sortis exiger le départ des symboles du système à l'origine de la situation du pays. Même les divergences à propos des arrestations à la pelle d'hommes, de femmes politiques et autres hommes d'affaires soupçonnés d'appartenir aux puissances non constitutionnelles ont été reléguées aux calendes grecques pour laisser la place à la revendication prioritaire: le jugement du premier responsable en l'occurrence Abdelaziz Bouteflika. «Au lieu de s'en prendre à Tabbou certains manipulateurs gagneraient à demander le jugement des vrais responsables», commente un participant.Les faits qui occupent ces derniers jours la scène médiatique suscitent des avis différents, les manifestants rencontrés sont partagés entre favorables à la purge et ceux qui y voient une mise en scène bien orchestrée par le clan qui est toujours fort. «Emprisonner Louisa Hanoune n'est pas la priorité du moment. Avant elle il y a une longue liste qui doit aller jeûner dans les prisons de Blida et El Harrach» nous confie Mourad, un animateur du Hirak «groupe café de Paris». Pour un autre participant «ces arrestations ressemblent à une diversion dans la mesure où le plus important n'est pas abordé, en l'occurrence l'élection présidentielle. Quelle sera la situation si le 4 juillet et contre vents et marées l'administration organisait l'élection avec ces clowns de candidats'», se demande notre vis-à-vis. Pour revenir à la consistance de la marche il faut préciser que la température, hier à Bouira, était lourde, suffocante avec un fort taux d'humidité dégagée par les trois barrages hydriques qui encerclent le chef-lieu de la wilaya.
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