
La gestion de l'épidémie de la fièvre aphteuse dans la wilaya de Bouira laisse à désirer, ont dénoncé des éleveurs présents à la rencontre de sensibilisation tenue, jeudi matin, à la chambre de l'agriculture. Les éleveurs ont soulevé plusieurs défaillances quant à la lutte contre la propagation de la maladie et le programme de désinfection qui a été lancé quelques jours après l'apparition de l'épidémie.Les produits de désinfection, souligne-t-on, ne sont pas distribués à temps dans les communes. Un jeune éleveur de la commune de Taghzout dont le cheptel a été touché a affirmé qu'il lui a fallu attendre près de dix jours pour que les services de l'APC lui remettent les produits pour désinfecter ses écuries.Une femme éleveuse de bovins a dit de son côté que pour avoir ces produits il faut toute une gymnastique. Elle a affirmé que pour les éleveurs des autres communes, cela ne leur pose aucun problème. L'on pointe du doigt les services concernés par la lutte contre la propagation du virus de la fièvre aphteuse qui ne semblent pas prendre les précautions nécessaires. «Le transport des vaches atteintes à l'abattoir, précise un éleveur, se fait sans qu'aucune mesure ne soit respectée.Les véhicules de transport devraient être bâchés, mais ce n'est pas ce que nous avons constaté». La campagne de sensibilisation ne semble pas toucher tous le monde. Les consignes qui consistent à ce que le cheptel, ovin, bovin ou caprin, ne doive pas sortir pour qu'il n'ait pas de contamination, ne sont pas prises en compte. Plusieurs éleveurs ont demandé que les pouvoirs publics doivent sévir pour faire respecter la loi. La question de l'indemnisation a été ainsi soulevée.Pour bon nombre de personnes qui ont perdu leur cheptel, il est question d'un remboursement à 100%. L'indemnisation à 80 % annoncée par l'Etat risque de ne pas satisfaire les éleveurs. «Nous avons coopéré avec les services concernés. C'est nous-mêmes qui avons déclaré notre cheptel atteint. On attend que les pouvoirs publics fassent un geste et nous aident à reprendre le travail. Parce qu'il n'y a pas que l'éleveur qui est touché par cette épidémie mais tous ceux qui travaillent dans ce secteur.Nous espérons que l'Etat va revoir sa copie concernant le remboursement à 80 %. Cela ne compensera pas ce que nous avons perdu. Nous voulons une indemnisation à 100%», a déclaré un éleveur. Quant à la demande formulée par les éleveurs de remettre en place le système Syrpalac afin d'encadrer l'achat de la viande des vaches atteintes par la fièvre aphteuse et mettre fin à la spéculation, les pouvoirs publics n'ont pas encore donné suite à cette doléance. «Pourquoi l'Etat n'achèterait pas la viande du moment qu'il est en train de l'importer de l'étranger '», s'interroge un vétérinaire. Les services agricoles de Bouira ont fait appel aux concernés pour aider à stopper l'épidémie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Cherarak
Source : www.elwatan.com