Bouira - A la une

ELLE TOURNE À PLEIN REGIME, ELLE ENGRANGE DES BENEFICES PAR MILLIARDS ET POURTANT



Avec une production moyenne de 85 000 t/jour, soit un peu plus d'un milliard de tonnes par an, la cimenterie de Sour-El-Ghozlane essaye tant bien que mal de faire face à tous les coups bas et surtout de combattre à sa manière la spéculation qui bat son plein dans le marché du ciment.
85 000 tonnes par jour et le ciment se fait toujours rare
En effet, depuis l'installation de Rezagui Ahcène au mois de février dernier à la tête de cette importante société de production, après que l'Etat algérien eut décidé de se réapproprier sa gestion après quatre ans de gestion par les Italiens, une nouvelle politique a été instaurée. Celle-ci, qui consiste à travailler dans la transparence, semble déranger bien des lobbies qui ont juré sur tous les saints d'avoir la tête de ce nouveau patron venu remettre en cause l'ordre établi. Un ordre établi qui a profité pendant des années à des personnes venues sans un sou et qui sont devenues archi-milliardaires grâce au trafic de ciment. Ainsi et comme première mesure, M. Rezagui a entrepris de changer le directeur commercial qui a bâti un véritable empire, diton, grâce à sa fonction. En installant un nouveau directeur commercial qui travaille dans la transparence, beaucoup de faux entrepreneurs ont été débusqués et la spéculation et autres marchandages ont été balayés. De fait, les entreprises qui n'avaient jamais eu droit à leurs quotas de ciment ont été rappelées et rétablies dans leurs droits. Aujourd'hui, alors que la cimenterie tourne à plein régime avec une moyenne mensuelle de 85 000 tonnes, soit une moyenne de 4 500 t / j, M. Rezagui, qui nous a reçu dans son bureau, nous montra, en présence du nouveau directeur commercial, M. Bibi, et du directeur technique, les plannings des expéditions quotidiennes depuis son installation. Selon le DG, si le circuit de distribution était surveillé à tous les niveaux, le ciment cédé à l'usine à raison de 300 DA le sac n'atteindrait jamais les 750 voire 800 DA au marché noir. Ainsi, nous avons vérifié les tableaux des expéditions, les quantités livrées aux entreprises réalisatrices à raison de 3 000 t/j, réparties au niveau des wilayas de Bouira, Tizi- Ouzou, Djelfa, Laghouat et Ghardaïa qui sont alimentées à 100 %, et celles des wilayas de Médéa, M'sila, Alger et Boumerdès en partie. L'autre partie étant satisfaite par les autres cimenteries. Concernant les petits fabricants qui se déclinent essentiellement comme étant des fabricants de parpaing et de l'hourdi, ceux-ci bénéficient d'une quantité quotidienne de 60 t/j qu'ils prélèvent directement depuis la cimenterie après présentation des dossiers ; les distributeurs comme les Edimco avec une moyenne quotidienne de 900 t/j répartis entre Bouira avec 300 t/j, Tizi-Ouzou avec 260 t/j et, enfin, Ghardaïa et Blida avec 200 t/j chacune ; la Sodismac, une société de distribution rattachée au groupe Gica (Groupement industriel des ciments d'Algérie) de laquelle relève la cimenterie de Sour-El-Ghozlane qui a droit à un quota quotidien de 800-900 t/j et qui les répartit à travers ses trois unités de Dirah avec 300-400 t/j, d'El-Kseur, à Béjaïa, avec 100 t/j et enfin Tizi-Rached, à Tizi-Ouzou, avec également 300-400 t/j. A toutes ces quantités livrées quotidiennement, il faut rappeler, note le DG de la cimenterie, que les Edimco reçoivent également d'autres quantités quotidiennes de la part des cimenteries de Chlef et de Meftah, ce qui fait que les quantités sont autrement plus importantes.
Tel est pris qui croyait prendre
Alors pourquoi entend-on tous ces entrepreneurs qui se lamentent et qui crient à la rareté du ciment et son manque au niveau des cimenteries ' A ce sujet, le DG ainsi que le directeur commercial nous indiquent, chiffres à l'appui, que toutes les entreprises réalisatrices au niveau de la wilaya de Bouira sont régulièrement alimentées en ciment selon les besoins exprimés par les bureaux d'études et de suivi de leurs projets. Cependant, et là, ni le DG ni le directeur commercial ne veulent s'aventurer dans ce raisonnement, la vérité est à chercher ailleurs. Selon nos informations, beaucoup d'entreprises réalisatrices prélèvent les quantités requises pour leurs projets mais elles écoulent une partie au marché noir. De sorte, qu'au final, on assiste souvent à des projets dont les quantités de ciment requises pour leur réalisation sont totalement livrées mais sur le terrain, le taux d'avancement est à 60 ou 70 %. Toutes ces entreprises qui ont écoulé une partie du ciment qui leur revenait de droit dans le marché parallèle sont rattrapées par la réalité en se voyant obligées à leur tour d'acheter du ciment au marché noir car n'ayant aucune autorisation pour s'approvisionner depuis les cimenteries.
135 milliards de bénéfices en 2011
Cela étant dit, notons que la cimenterie de Sour-El-Ghozlane, qui travaille à plein régime, a dégagé sur l'exercice précédent, un bénéfice net de 135 milliards de centimes. Lors de la dernière réunion qui a vu la présence du représentant du ministère de l'Industrie, de celui du groupe Gica, du partenaire italien, qui détient des actions dans l'unité à hauteur de 35%, et également du partenaire social, il a été décidé, après d'âpres négociations avec le partenaire social, de céder la somme de 8 milliards de centimes aux travailleurs comme primes, à répartir équitablement entre tous les travailleurs de l'unité, depuis la femme de ménage jusqu'au cadre supérieur. La somme qui est revenue à chacun d'eux, avec pour la première fois les CTA ou les travailleurs recrutés dans le cadre du contrat de travail aidé, est de l'ordre de 16 millions de centimes en moyenne. Or, cette somme ne semble pas agréer certains travailleurs qui ont protesté ce mardi devant le siège de l'administration. Cependant, et d'après les représentants des travailleurs que nous avons rencontrés ce mercredi sur les lieux, la contestation est l'œuvre d'une dizaine de personnes sur les 547 que compte l'unité. Un nombre insignifiant selon ces représentants alors que le DG, Rezagui Ahcène, évoque des «manipulations à des fins inavouées». Le DG dira même qu'à chaque fois que la société essaye de passer à une autre étape dans son développement et son émancipation, des manipulateurs surgissent de nulle part pour perturber le bon déroulement et la sérénité qui prévalent au sein de l'usine.


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