Les dispositifs Cnac, Ansej, Anegem, censés venir en aide aux jeunes chômeurs algériens, si encensés par les pouvoirs publics mais souvent décriés par ces mêmes jeunes auxquels ils s'adressent, ne cessent de faire parler d'eux et exacerber l'amertume d'une jeunesse décidée plus que jamais à ne plus se laisser abuser.
La dernière plainte remonte au mois de mars dernier, quand un jeune réalisateur et scénariste, originaire de la commune d'El Esnam, dans la wilaya de Bouira, s'est vu refuser par l'agence Cnac de Bouira l'octroi d'un crédit devant l'aider à financer son projet de création d'une boîte de production à Bouira, avec l'argument peu convaincant de manque de rentabilité et de qualifications. Pourtant, et selon ce réalisateur qui a suivi une formation dans des agences algériennes et françaises et qui compte à son actif plusieurs réalisations enregistrées à l'ONDA (Office nationale des droits d'auteurs), un tel projet peut apporter beaucoup à la wilaya qui ne dispose d'aucun moyen technique pour couvrir le moindre événement médiatique et qui s'adresse, en cas de besoin, aux boîtes de production d'autres wilayas comme Béjaïa ou Alger. Comble de l'ironie, les responsables de la wilaya de Bouira font appel à ce même jeune homme qui travaille dans une boîte de production à Béjaïa pour la couverture d'événements. Bref, une wilaya en plein essor qui fait des dépenses superflues alors qu'elle dispose de moyens et de savoir-faire locaux. Ayant ainsi constaté l'inaptitude des agents de la Cnac à évaluer le potentiel exact des projets que certains jeunes ambitieux proposent, et devant des banques qui n'accordent de crédits qu'aux idées préconçues qui ne sortent aucunement de l'ordinaire, ce jeune aux idées fraîches a adressé une lettre à toutes les instances nationales et locales pouvant intervenir et mettre fin à ce genre de dérives en désaccord avec le principe d'aide aux jeunes. A noter que les autres agences présentent le même inconvénient quand il s'agit de projets novateurs que les jeunes proposent en vue de conquérir un marché vierge de toute initiative moderne de commerce ou de marketing. Reste à savoir si les autres jeunes qui acceptent de rentrer dans le moule en proposant les sempiternels projets d'alimentation générale, transport urbain ou même ceux qui achètent des engins de construction à des sommes faramineuses réussissent un tant soit peu à rembourser leurs échéances, ou est-ce qu'ils seront à leur tour lâchés par leurs bienfaiteurs une fois la période de grâce passée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Katya Kaci
Source : www.lesoirdalgerie.com