Bouira - A la une

Deux policiers blessés dans une attaque terroriste



Deux policiers blessés dans une attaque terroriste
Encore un attentat en plein centre-ville de Bouira. Un de plus, un de trop. La ville de Bouira a, encore une fois, vécu une nuit (du lundi à mardi) mouvementée : une patrouille de police a été la cible d'une attaque terroriste. Deux policiers ont été blessés lors de cette attaque, perpétrée vraisemblablement par un terroriste qui s'était embusqué dans un endroit obscur qui fait face au siège de la BMPJ, situé à la sortie ouest de la ville, près du nouveau pèle universitaire et non loin du siège du Groupement d'intervention rapide de la gendarmerie, GIR.Le terroriste auteur de cette attaque surprise a aussitôt fui les lieux à bord d'un véhicule de marque Renault Clio dans lequel se trouvaient au moins deux autres terroristes, selon nos informations.La voiture a pris la direction de la commune d'Aïn Turk, via le quartier Amar Khoja ; un quartier très dense mais dépourvu de sécurité tant aucun corps de sécurité n'y est implanté.Cela dit, en traversant ce quartier, les terroristes pouvaient rejoindre en toute tranquillité la commune d'Aïn Turk, située à 5 kilomètres au nord-ouest de Bouira. Les terroristes ont même le choix entre deux itinéraires, celui de l'Est via la localité d'Aïn Athmane qui débouche sur la vaste forêt d'Errich, le poumon de la ville de Bouira et qui s'étale sur une centaine d'hectares, ou de l'ouest, qui donne sur le chef-lieu de la commune d'Aïn Turk puis sur la localité El Mergueb qui donne sur la vaste forêt de Souflat, fief des terroristes. En fait, ce qui vient de se passer à Bouira n'est pas un acte isolé. La ville de Bouira a toujours été la cible des terroristes surtout durant les mois de Ramadhan?; la ville ayant plusieurs accès non sécurisés.En 2003, en 2011, en 2012, et bien avant, durant les années 1990, la ville de Bouira a vécu à plusieurs reprises des attentats terroristes, dont les plus meurtriers restent les deux attentats kamikaze qui avaient ciblé le 20 août 2008 un fourgon des travailleurs d'une société étrangère, et le siège du secteur militaire, deux voitures piégées qui ont explosé presque simultanément, faisant 13 morts parmi les civils qui se trouvaient dans le fourgon, et un militaire, celui de 2003 où deux policiers avaient été tués près du quartier Oued Dhous, ou encore celui de 2012 où un policier avait été tué dans une attaque au niveau du quartier Draâ El Bordj.Aussi, et malgré tous ces attentats à répétition, et malgré nos écrits dans lesquels nous rappelons à chaque fois la vulnérabilité de la ville, surtout à travers certaines issues non surveillées et non sécurisées comme celles des Kessouri qui débouchent sur la zone des parcs puis le centre-ville sans aucun point de contrôle, ou encore le quartier Draâ-El-Bordj où aucun corps de sécurité n'y est implanté, et surtout la région nord-ouest de la ville et son quartier populaire Amar Khoja.La région nord-ouest qui débouche sur la commune d'Aïn Turk reste permissive à souhait et la preuve vient de nous être donnée par les terroristes eux-mêmes qui saisissent la moindre brèche pour se signaler et si possible, avec un acte meurtrier qui aurait un meilleur retentissement médiatique.L'attentat qui a eu lieu avant-hier aux environs de 23 heures, qui a causé fort heureusement uniquement des blessures légères aux deux policiers dont l'un, touché au mollet par balle, a même quitté l'hôpital quelques minutes après son admission et l'autre a été touché à l'épaule.'le plan de sécurisation de la ville de Bouira devra être revu.Cela étant, rappelons qu'au lendemain de cet attentat manqué contre une patrouille de la police, si au niveau de la ville de Bouira, un dispositif de police renforcé était assez visible, au niveau de la périphérie et même au niveau des chemins menant vers la commune d'Aïn Turk, lieu vers où les terroristes auraient pris la fuite, et supposé être sous une vaste opération de ratissage et de surveillance, il n'en est rien puisque lors de notre passage hier aux environs de 14 heures, aucune présence des services de sécurité n'était remarquée ni sur la route ni dans la forêt d'Errich.H. M.Le douloureux souvenir des attentats en milieu urbainQu'en déduire en guise d'enseignements de cet attentat commis à Bouira contre des policiers à un moment de la soirée où ça aurait pu se solder par un carnage ' Déjàque cet acte a eu lieu en milieu urbain, qui plus est dans une ville aussi «rèdée» que Bouira dans la lutte anti-terroriste, cela doit susciter bien de l'inquiétude, et pas que chez la population locale.Le moment de fébrilité émotionnelle collective passé, place aux grands questionnements. En premier lieu, chez les responsables locaux des différents corps des services de sécurité qui ont dû se sentir interpellés au plus haut point sur le fait qu'une incursion de ce genre ait pu avoir lieu.Le genre de menée terroriste qui, évidemment, rappelle un tas de douloureux souvenirs à des populations entières à travers tout le pays, particulièrement à cette période de l'année, lorsqu'Alger, Bouira, Tizi-Ouzou, Boumerdès et plein d'autres villes du pays eurent à connaître des Ramadhans sanglants en milieu urbain. Parfois, des massacres sans nom sont restés depuis tout ce temps dans la mémoire collective. Par ces temps très agités, où l'incertitude sécuritaire n'en finit pas de franchir les paliers chaque semaine, la forte poussée de la philosophie djihadiste, surtout depuis une année avec la brutale intrusion de l'Etat islamique dans les nébuleuses terroristes transnationales, et les répliques des anciens groupes, Al-Qaïda au Maghreb principalement, qui n'entendent pas céder de leur terrain, ce sont en principe autant d'éléments pris en compte dans la remobilisation des troupes, notamment dans des contrées où le terrorisme sévit plus qu'ailleurs, c'est-à-dire dans une région où Bouira tient, à son corps défendant, une place prépondérante.Sauf si, comme le fait comprendre une source sécuritaire, il n'y absolument aucun autre message à saisir de cette incursion urbaine à Bouira que celui qui consiste pour les groupes terroristes de dire «malgré les rudes coups subis ces derniers mois, nous sommes toujours là ». Aussi simple que cela.


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