Bouira - A la une

Des solutions avant... l'assaut DELOCALISATION DE L'INFORMEL À BOUIRA



Des solutions avant... l'assaut                                    DELOCALISATION DE L'INFORMEL À BOUIRA
Les 100 locaux destinés aux activités professionnelles et qui peuvent servir de commerces ont été réalisés dans un lieu désert et loin du centre-ville.
A l'instar de toutes les villes du pays, les agglomérations de la wilaya de Bouira sont concernées par la délocalisations des marchés informels; un phénomène qui a pris des proportions incontrôlables. Recourir à des opérations «coup de poing» pour mettre un terme à cette activité n'est pas du goût de tous. «Pourquoi avoir laissé des années durant des jeunes occuper les places publiques pour décider du jour au lendemain de les évacuer» se demande un jeune qui vient d'installer une table pour vendre des fournitures scolaires.
Pour un père de famille l'opération doit commencer par la mise en place de solutions de rechange. «Il faut d'abord prévoir des lieux pour recaser ces pseudo commerçants qui pour certains nourrissent des familles». Pour le gérant d'une supérette, cette activité a nui aux vrais commerçants d'où la nécessité de la combattre.
Au milieu de ce débat contradictoire et de ces avis partagés, les concernés s'inquiètent. Le chômage, la déperdition scolaire, la cherté de la vie, l'absence totale d'autorité, l'incompétence des élus, le lobby des importateurs... sont autant de facteurs qui, à la faveur d'une instabilité engendrée par la tragédie nationale, ont favorisé l'émergence de ces commerces de fortune. «Ces étals dressés à même la voie ne sont pas tous nuisibles. Ils permettent de résorber le chômage, ils évitent la délinquance, ils activent la croissance, du moins ils participent implicitement à sa relance. La vraie fuite fiscale qui motive la décision de Bendada, est à chercher du côté des ports où sont brassés des milliards de dinars sous le nez d'une autorité qui laisse faire. Les émeutes du sucre et de l'huile sont là pour prouver la force de ces barons qui ont rejeté l'utilisation du chèque» nous confiera un médecin. Parce qu'ils rendent service, quelques jeunes se sont forgés une réputation et sont arrivés à avoir une clientèle permanente.
C'est cet engouement des citoyens qui a favorisé l'émergence de ces marchés. Même les accotements des routes à grande circulation n'ont pas échappé au phénomène. Entre Bouira et Aïn Bessam, plusieurs points de vente sont devenus des destinations pour les clients. «Pour avoir un kilo de pomme de terre, un habitant de la cité des 1100 Logements doit se déplacer jusqu'à l'unique marché couvert du chef-lieu. Pour cela il doit prendre le bus à 15 DA l'aller et 15 autres pour le retour sans oublier les droits de garage quand il est véhiculé. Je préfère faire mes emplettes au marché informel de cette cité où je suis sûr que le produit est frais même si je paye 10 DA de plus» nous confie un citoyen. Dans une volonté de réorganiser la ville, l'administration a recouru à la réalisation d'un autre marché couvert au niveau de la cité Draâ El Bordj. Mais rapidement, tout le mode a désenchanté puisque ce local n'est plus qu'une vaste structure déserte.
Les 100 locaux commerciaux destinés aux activités professionnelles et qui peuvent servir de commerces ont été réalisés dans un lieu désert et loin du centre-ville.
aSi la délocalisation reste une nécessité au regard des inconvenances de ces marchés pour les riverains, elle doit être précédée de l'aménagement d'espace en mesure d'accueillir ces petits commerces qui, dans certains cas restent l'unique ressource pour des familles entières. «Est-ce que tous les commerçants détenteurs des registres payent leurs impots et déclarent réellement ce qu'ils gagnent'» s'interroge un jeune qui vend de la lingerie féminine.
L'avis d'un marchand dument accrédité et qui a vu s'installer tout un marché devant son local: «C'est Dieu qui répartit la richesse et chacun n'aura que ce que le Créateur lui a prescrit. Nous cohabitons sans problème avec ces jeunes qui se débrouillent au lieu d'aller vers la délinquance. Qu'on les laisse tranquilles.»
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)