Comme il fallait s'y attendre, la foule était au rendez-vous en cette journée commémorative du 2e anniversaire du Hirak. Ce lundi 22 février 2021, une marche grandiose a été organisée enfin dans la ville de Bouira, restée pendant longtemps fermée aux activistes du Hirak avec, à chaque fois, un dispositif de sécurité impressionnant qui quadrille la ville.Hier, malgré les multiples barrages dressés au niveau de certains axes routiers reliant surtout le chef-lieu de wilaya aux communes de l'est connues pour leur caractère rebelle, des milliers de citoyens de la ville et de certaines communes environnantes, comme Haïzer, Taghzout, El Esnam, Ath-Laâziz et Aïn Turk, mais aussi Aïn Hdjar, Aïn Laloui et Aomar, ont réussi à marquer l'événement malgré un dispositif impressionnant déployé dès les premières heures de la matinée au niveau des principaux quartiers de la ville, et une présence plus que marquante au niveau de la place des Martyrs, lieu de rassemblement de presque toutes les marches de la ville de Bouira.
Ainsi, après quelques tentatives d'intimidation de la part des policiers qui ont opéré quelques arrestations dans la matinée et qui dispersaient toutes les personnes qui essayaient de se regrouper aux environs de la place des Martyrs, vers 9h30, un noyau de manifestants a pu se former du côté du square Si-el-Houès, non loin de la place des Martyrs.
Et à partir de là, une fois sur la chaussée, des dizaines de citoyens se sont aussitôt joints à eux et là, la marche pouvait s'ébranler avec les mots d'ordre habituels du Hirak.
Tout au long des différents boulevards et rues de la ville, les milliers de marcheurs ne cessaient de fustiger le pouvoir actuel qui a trahi, selon eux, le serment et les idéaux du Hirak dont tous les slogans phares ont été ressuscités à l'occasion. Ainsi, la marche d'hier était l'occasion pour beaucoup de citoyens de crier leur colère face à ce qui a été mené pendant ces derniers mois, jusqu'aux plus récentes, puisque, même les dernières décisions prises par le président de la République ne semblaient pas emballer les manifestants. Les milliers de marcheurs ont, d'ores et déjà, donné leur réponse face aux futures échéances électorales que le pouvoir prépare. Pas d'élections législatives avant d'asseoir un véritable dialogue qui doit déboucher sur un processus constituant.
Rendez-vous est pris pour les prochains jours : beaucoup, en effet, parmi les marcheurs ne jurent que par le retour du Hirak pour imposer une nouvelle feuille de route à l'actuel pouvoir que les gens assimilent à l'ancien tant par ses méthodes de gestion que par la présence de certaines figures connues du temps de Bouteflika, et que l'on retrouve même dans l'actuel gouvernement.
Le combat pour un changement en profondeur, tant espéré par les millions d'Algériens qui sont sortis dans les rues pendant de longs mois durant l'année 2019, est encore long à se dessiner.
Cela étant, notons qu'hier et pour la première fois depuis des années, les commerces n'ont pas baissé rideau au grand dam de certains marcheurs qui étaient en colère. Même les établissements scolaires des trois paliers ainsi que l'université Akli-Mohand-Oulhadj ont fonctionné normalement. Les étudiants qui se sont joints à la marche l'ont fait à titre individuel.
Y. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Yahiaoui
Source : www.lesoirdalgerie.com