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De la Zlabia pour tous RAMADHAN À BOUIRA



De la Zlabia pour tous                                    RAMADHAN À BOUIRA
Plusieurs prestataires de la restauration rapide ont changé d'activité pour la circonstance.
A moins d'une semaine du mois sacré de Ramadhan, les habitudes commencent à changer. Les préparatifs s'accentuent. Les ménagères font des emplettes. Les commerçants pour leur part, certains que la demande ira crescendo, commencent à réviser leurs prix. La tendance est, bien sûr et ce n'est un secret pour personne, à la hausse. Même la grève décrétée contre la viande ne semble pas convaincre les bouchers qui affichent toujours des prix au-dessus du portefeuille de la classe moyenne. La majorité a, depuis des lustres, oublié la saveur de la viande.
Les préparatifs touchent aussi les activités commerciales. Plusieurs prestataires de la restauration rapide ont reconverti leurs locaux pour la circonstance. Si certains ont simplement basculé dans des activités annexes comme la crémerie ou le salon de thé, d'autres par contre ont préféré la zlabia, les diouls, les herbes aromatiques... un autre fait permet de savoir que le Ramadhan est proche: la prolifération des mendiants. De plus en plus jeunes, venus des quatre coins de la wilaya et quelquefois des wilayas limitrophes, des fillettes et des garçons accostent les femmes dans la rue et en insistant jusqu'à vous soutirer quelques pièces. Même les gens attablés dans les cafés, les restaurants, chez les médecins n'échappent pas à la déferlante. Le phénomène touche même les villages les plus reculés. Parce que le mois est celui de la solidarité et de l'entraide, les exécutifs communaux et la direction de la solidarité ficellent les listes bénéficiaires des aides attribuées pour la circonstance. Pour le chef-lieu on annonce plus de 2000 aides. La DAS pour sa part alimente les différentes daïras qui, à leur tour, fourniront les communes. Concernant cette opération, les réactions citoyennes différent d'une personne à une autre. Voici quelques exemples que nous avaient confiés des Bouiris dans un passé récent à la même époque. Un enseignant conteste et rejette l'idée: «L'action est conjoncturelle, le nécessiteux a besoin d'aide à tout moment pas seulement au mois de Ramadhan, à moins qu'on pense que les gens mangent pendant ce mois seulement.» Pour un père de famille au chômage: «L'Etat fait des efforts pour atténuer les souffrances du citoyen mais l'aide n'arrive pas toujours aux méritants.
Beaucoup de vrais nécessiteux, par orgueil ou pudeur, ne s'inscrivent pas. Ils comptent sur l'aide des proches et des voisins...» Hamid est employé contractuel à la commune, il touche moins de 15.000 DA par mois. «Suis-je nécessiteux ou non' nous demande-t-il, ce mois montre une nouvelle fois que l'Algérie est peuplée par des classes distinctes. Il y a ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien puisque même les fonctionnaires sont dans le besoin...» Pour se consoler, notre interlocuteur retrouve son calme dans la foi et sa croyance: «Ramadhan ramène son bien avec lui, tant qu'il y a la santé, hamdoulillah... tout le reste est éphémère.» Omar, retraité, est plus philosophe: «Aider un pauvre est un principe de notre religion. Quand on voit le nombre de pratiquants qui se bousculent aux portes des mosquées on se dit qu'aucun nécessiteux ne peut rester sans f'tour. Hélas, les valeurs ont disparu laissant place à l'égoïsme et il n'est plus rare de voir le voisin de palier dans le besoin sans qu'aucun ne bouge le bout du doigt...» Une veuve, mère de deux enfants, percevant après les augmentations, 4800 DA mensuellement, crie sa colère: «Dites que les gens chargés de distribuer ces aides ne sont pas tous intègres, ils commencent par leurs familles avant de laisser les miettes aux gens qui sont vraiment dans le besoin...ne me donnez pas des denrées alimentaires mais un emploi durable pour mon fils âgé de 25 ans...»
Les restaurants «Errahma» aussi font l'objet d'une attention particulière. Si de par le monde, ce genre d'activité est confié à des associations bénévoles, en Algérie, l'administration se substitue et prend en charge et l'organisation et le volet financier d'où les doutes qui sont souvent injustifiés. Trois lieux seront réquisitionnés cette année pour servir des repas chauds aux nécessiteux. Deux établissements sont l'oeuvre de privés. Une association agréée par l'Etat préfère préparer et envoyer les repas aux domiciles des nécessiteux. Les organisateurs font appel aux producteurs, aux grossistes pour aider.
«En Europe, les producteurs offrent des aides aux hôpitaux, aux crèches à l'approche des dates de péremption... pourquoi nos riches ne consentent pas des actions dans le même genre'» s'interroge notre interlocutrice. Du côté des gens aisés, qui n'aiment pas parler de ce sujet, la réponse est pratiquement la même «quand on aide, il ne faut pas le crier sur les toits».
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