Bouira - Revue de Presse

Bouira: La sardine hors de prix



Certes la ville de Bouira est à quelque 70 km du littoral et du premier port de Zemmouri, mais est-ce une raison valable pour que le prix du poisson soit si disproportionné, à tel point que même les citoyens de classe moyenne se plaignent de ne pouvoir se le permettre.

Prenons la sardine qui est passée, en espace de quelques mois, de 80 DA le kg à 350 DA, c'est-à-dire à fois plus; un non sens pour le consommateur qui d'habitude consommait du poisson, du moins de la sardine, une fois par semaine, se retrouve contraint de le faire moins fréquemment. Les plus débrouillards vont pendant les week-ends à la pêche en mer, pour relever le défi et d'autres se contentent du poisson d'eau douce qu'ils pêchent dans les retenues d'eau et les barrages. Seulement la majorité qui n'a pas l'âme à cette passion, ne mange pas de poisson tout simplement. La ville de Bouira ne possède même pas de poissonnerie, encore un autre non sens. Ce commerce se limite juste à des grossistes qui disposent de camions frigorifiques, et acheminent la marchandise pour la détailler aux vendeurs ambulants. C'est soit sur des véhicules ou très souvent sur des charrettes qu'ils transportent leur marchandise pour la vendre aux citoyens. De la sorte, le poisson généralement se vend dans la rue, sauf le poisson congelé qui est vendu dans des locaux, ou les vendeurs faisant commerce de poissonniers possèdent des congélateurs et tout le matériel nécessaire à ce négoce.

Là aussi, les prix ne sont pas à la portée de tous, même pour les citoyens qui se revendiquent de la classe moyenne. Nous constatons, par exemple, le filet de saule congelé est cédé à 380 DA le kg, le merlan à 350 DA, le rouget à 400 DA, l'espadon à 400 DA; cela est inadmissible. Il ne nous reste plus qu'à se lamenter sur notre sort quand nous voyons que mêmes les parties concernées et censées nous fournir du poisson, que nous devons trouver sur le marché, à des prix raisonnables, affichent des mines qui font dire que le problème ne les concerne même pas.

On se jette la balle pour ce qui est des responsabilités et causes de cette regrettable situation. Au bout du compte, il ne reste au consommateur délaissé qu'à s'habituer à cette galère qui avec le temps, deviendra une banalité.


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