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Bouira : Des ressources hydriques inexploitées



Des millions de mètres cubes d'eau des rivières traversant le territoire de la wilaya de Bouira se perdent dans la nature. Dans la daïra de M'chedallah, à l'est de la wilaya, ce sont plus d'une dizaine de cours d'eau propre qui ne sont pas exploités à bon escient. L'on cite, entre autres, Assif Iwaquren, Assif Assemadh, Assif Rana, Ighzer Ougharef, Assif Tiksiridène et d'autres.Les eaux de ces rivières, provenant essentiellement de la fonte des neiges de la chaîne du Djurdjura, ne sont, pour la plupart, pas touchées par la pollution. Cependant, leur utilisation dans l'irrigation des champs et vergers régresse d'une année à l'autre. «Un réseau d'irrigation a bel et bien existé pendant l'ère coloniale et jusqu'au milieu des années 1990. Toutes les terres agricoles et les oliveraies étaient irriguées jusqu'au début de juin.
Actuellement, il n'en reste rien, pourtant les moyens humains et matériels sont disponibles», déplore un villageois de la région de M'chedallah. Aucune retenue collinaire ni bassin n'ont été réalisés en amont des rivières pour une éventuelle utilisation de cette abondante ressource hydrique. «Il y a des initiatives sporadiques de quelques citoyens, qui tentent de récupérer ces eaux, mais qui demeurent insuffisantes.
Ce qu'il nous faut, ce sont plusieurs bassins ou des retenues et un réseau de rigoles en béton ou en buses qui éviteront la perte de ces eaux», indique un propriétaire terrien. Le réseau de la séculaire Targa Ouguellid (La rigole du roi), qui s'étendait sur plusieurs kilomètres dans la commune de Chorfa, à l'est de Bouira, a considérablement rétréci. Avec l'urbanisation galopante, plus de la moitié de ses canalisations a disparu. Il y a lieu de signaler qu'au cours de leur cheminement, tous les cours d'eau confluent vers l'important oued Sahel, qui est pollué par les rejets d'égouts et autres substances. En 2008, les pouvoirs publics avaient inscrit un projet d'une station de traitement des eaux usées à Achadoukh, à proximité de l'oued Sahel.
Après plus de 10 ans d'attente, le projet a été mis aux oubliettes. En outre, la rivière Tiksiridène, séparant les deux communes de Chorfa et Aghbalou, à l'est de la wilaya, a été aussi pollué dans sa partie basse par les eaux usées en provenance de plusieurs localités d'Aghbalou.
La réalisation d'un réseau d'assainissement qui débouchera directement sur l'oued Sahel s'avère coûteux pour la collectivité locale. Les pouvoirs publics quant à eux ne semblent pas préoccupés par ce problème posé il y a des années. De son côté, une association environnementale avait déjà proposé toute une étude pour solutionner le problème, mais qui n'a pas eu d'écho. Par ailleurs, à Lakhdaria, au nord-ouest de la wilaya, aussi, l'état des lieux n'est pas reluisant.
De nombreuses sources d'eau douce sont à l'abandon. Hormis les quelques initiatives des fellahs qui essayent de les récupérer en creusant des bassins, les eaux continuent leur ruissellement pour former des cascades qui finissent dans l'oued Isser. La station d'épuration des eaux usées, implantée dans la même commune au début des années 1990, n'a fonctionné que peu de temps après sa mise en service. La panne qui l'a affectée n'a à ce jour pas été réparée.
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