Bouira - A la une

BOUIRA Le caractère facultatif ou la mort programmée de tamazight



Le directeur de l'éducation de la wilaya de Bouira, qui a animé ce mardi une conférence de presse au siège de la DE, est revenu longuement sur le problème de l'enseignement de tamazight au niveau de la wilaya, mais en apportant certaines données qui ne sont pas pour apaiser la situation.
Si le directeur annonce d'emblée l'ouverture prochaine d'un concours pour le recrutement de près de 16 enseignants de tamazight dont les postes budgétaires sont disponibles, il a néanmoins avancé certaines données très graves. D'abord et pour justifier la non-incorporation de la matière tamazight dans le concours du mois d'août lancé à l'échelle nationale par le ministère et dans lequel on retrouve des postes pour tamazight dans certaines wilayas, le DE dira que pour le cas de tamazight, celle-ci ayant un caractère facultatif, il n'était pas possible de l'inscrire lors de ce concours ouvert pour les matières qui en ont un caractère obligatoire. Outre cette annonce qui donne froid dans le dos de par son caractère discriminatoire, le DE enfonce encore le clou pour cette langue arrachée de haute lutte et dont l'enseignement n'a été rendu possible qu'après une année de boycott scolaire en 1995, et son institutionnalisation rendue effective après la mort de 126 jeunes martyrs, partis à la fleur de l'âge durant le Printemps noir 2001. Le DE, s'appuyant toujours sur ce caractère facultatif, annonce le lancement dès cette année d'une pétition auprès des parents pour qu'ils fassent le choix entre enseigner tamazight pour leurs progénitures ou non. Ainsi donc, aujourd'hui, après que des départements complets à Tizi-Ouzou, Béjaïa et Bouira, forment des licenciés et des magisters en tamazight pour la promotion de cette langue nationale qui a arraché enfin son droit de cité dans son propre pays, après que des sacrifices eurent été consentis par des générations entières pour que tamazight soit promue, après que des responsables à l'échelle nationale aient un jour promis même sa généralisation à l'échelle nationale pour que l'arabe et le tamazight évoluent en symbiose et, surtout, pour que les enfants d'Algérie se comprennent et ne se sentent plus étrangers les uns les autres, voilà que l'on revienne à l'ancienne mentalité en programmant une mort certaine pour tamazight et en encourageant les arabophones à fuir cette langue et creuser davantage le fossé entre arabophones et berbérophones. Il est urgent de revoir cette option et permettre aux arabophones surtout d'apprendre le tamazight. L'Algérie ne retrouvera sa sérénité et sa stabilité que le jour où l'élève algérien parlera l'arabe et le tamazight. Par ailleurs et toujours lors de cette conférence de presse, le DE a abordé le sujet des enseignants qui ont été dans un premier temps admis avant de leur signifier la fin de leur relation de travail avec l'éducation. Selon le DE, il s'agit d'un problème d'incompatibilité du diplôme avec la matière enseignée. Au niveau du ministère de l'Education nationale, une nomenclature de diplômes pour les matières à enseigner existe, et il s'avère que ces universitaires possèdent des diplômes qui n'y figurent pas et pour lesquels la direction générale de la fonction publique avait refusé l'intégration.
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