Bouira - A la une

BOUIRA Une dizaine de foyers s'est déclarée en une seule journée



Le tissu végétal de la wilaya de Bouira est en train de se réduire comme une peau de chagrin.
La canicule faisant son effet et le Ramadan aidant, des dizaines de foyers de feu ont été déclarés durant la journée de jeudi le long de la chaîne montagneuse du Djurdjura, et à Tikjda, ainsi qu'au massif d'Erich, cette forêt majestueuse située à la périphérie de la ville de Bouira, et dont les autorités, en premier lieu le wali, comptent en faire le lieu d'attraction et d'évasion des familles bouiries. Tout ce beau tissu végétal ajouté aux cédraies millénaires de Tikjda, situées dans un site classé pourtant patrimoine mondial, réserve biosphère, est en train de partir en fumée sous le regard complaisant des autorités. Pendant toutes les journées de jeudi et d'hier, aucun responsable n'était joignable pour nous donner la moindre information sur cette véritable catastrophe écologique qui a lieu sous nos yeux. Aucun responsable n'a daigné se soucier de ce véritable désastre, au point où le citoyen lambda parle de véritable complicité dans ce qui se passe. Comprendra qui voudra. Des citoyens outrés par ces catastrophes, nous ont exprimé leur désolation face à ces hectares de pins d'Alep, de chênes et de cèdres qui sont en train de se consumer en silence sans que les responsables se manifestent. Ce jeudi, lors de notre déplacement dans la région de Tikjda, nous avons été frappés par l'ampleur du drame. La désolation se lisant partout sur ces vastes espaces jadis verdoyants mais aujourd'hui totalement calcinés. Pendant longtemps, nous nous sommes sentis dans un véritable no man's land tellement, il n'y avait âme qui vive. Il est vrai que pour ce qui des citoyens, la canicule qui affichait les 45 degrés à l'ombre et en plein mois de Ramadan n'incitait guère à s'aventurer à l'extérieur. Mais de là à constater l'absence des éléments de la Protection civile et ceux des forêts dont c'est le rôle et un devoir que d'être sur les lieux ! Ce n'est que lorsque nous étions de retour vers la ville de Bouira que nous avons croisé aux environs de 17h30m, c'est-à-dire après que la chaleur se soit un peu atténuée, une colonne de véhicules appartenant à la Protection civile. Pendant ce temps, des centaines d'hectares brûlaient et pas un responsable, pas même au niveau de la wilaya, n'a daigné prévoir une cellule de crise. Au niveau de la wilaya de Bouira, c'est l'adage «quand le chat n'est pas là, la souris danse» qui s'applique. Le wali étant en congé, ceux qu'il avait laissés comme intérimaires ont totalement abandonné la wilaya à son sort. Outre cette inconscience face au drame écologique qui dévaste nos contrées verdoyantes, même nos villes sont laissées à l'abandon avec toutes sortes d'ordures et autres canaux d'évacuation des eaux usées qui éclatent un peu partout et qui dégagent des odeurs nauséabondes, sans qu'aucun responsable ne lève le petit doigt. Une véritable enquête sur cette irresponsabilité pendant l'absence du wali mérite d'être menée par les responsables du ministère de l'Intérieur. Et à tous les niveaux et peut-être partout à travers le territoire national. Cela étant, rappelons qu'outre ces centaines d'hectares qui sont en train de brûler actuellement, le bilan antérieur dressé par les services des forêts fait état de la perte de 250 ha situés dans le Parc national du Djurdjura dont 15 ha de cèdres millénaires et 100 hectares de pins d'Alep et de chênes verts.
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