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A l'inverse des années précédentes, la traditionnelle marche du 20 Avril marquant le double anniversaire du Printemps berbère 1980 et du Printemps noir, qui est venue cette année en pleine campagne électorale pour les législatives, a été totalement différente.D'abord, l'appel à la marche a été lancé par le RCD, parti engagé dans cette joute électorale. Ensuite, l'appel en lui-même a été lancé pour seulement commémorer le 20 Avril 1980 ; tant l'appel n'a fait aucune référence au Printemps noir 2001.Enfin, dernière remarque, le fameux rassemblement qui se fait habituellement au niveau de la place des Martyrs a été transformé en meeting de campagne et inclus dans les programmes officiels transmis à la presse par la cellule de communication de la Wilaya. D'ailleurs, cette interférence entre le rassemblement pour le 20 Avril et le meeting du RCD a été mal appréciée par nombre de militants de la cause amazighe présents sur les lieux.En effet, lors du rassemblement de ce jeudi, tous les intervenants étaient des militants du RCD, avec les principaux candidats, dont la tête de liste Akkache Yahia, Djema Zineb, Meziane Chabane, qui étaient là . Des interventions portant principalement sur le programme électoral du RCD, son engagement pour tamazight dont le chemin pour sa reconnaissance pleine et entière est jugé encore long, ainsi que l'engagement du RCD et de ses militants dont les candidats. Un engagement qui n'est plus à démontrer, rappellent-ils aux centaines de présents, tant ils avaient toujours participé à cette marche traditionnelle depuis 1981 et la première marche pour le cas du candidat Akkache Yahia, et depuis 1997 pour la deuxième, Djema Zineb.Cependant, à plusieurs reprises, lorsque ces intervenants évoquaient le RCD et son programme électoral, ses principales propositions dans l'économie, mais également dans d'autres domaines, plusieurs militants de la cause amazighe présents sur place et n'ayant aucune attache avec le RCD n'avaient pas apprécié cette intrusion du politique dans le culturel.Des jeunes qui l'ont fait savoir sur place en protestant et en réclamant aux intervenants de se limiter au seul volet culturel et à l'événement.Cela étant, après ces interventions, la marche s'ébranla aux environs de 11 h le long du boulevard Zighoud-Youcef menant au siège de la Wilaya, et où les traditionnels slogans chers au mouvement citoyen des Arouch comme «Ulac Smah Ulac», «Pouvoir assassin», «Y en a marre, y en a marre de ce pouvoir», se sont mêlés avec ceux connus du RCD et qui ont une connotation politique comme «Djazaà'r horra dimocratia» (Algérie, libre et démocratique), «A bas la répression, liberté d'expression», «Azul fellawen, Tubiret d imazighen» ou encore «Assa azekka, RCD yella yella», etc.A la fin de la marche, une déclaration a été remise à la presse dans laquelle le RCD, qui se félicite de la mobilisation citoyenne pour la commémoration de cette date symbole, rappelle le jeu malsain du pouvoir qui reconnaît tamazight comme langue nationale et officielle mais avec un article-bis que le RCD considère comme «jetable» au moindre amendement de la Constitution quand l'arabe est considéré comme «langue officielle de l'Etat» et l'Islam comme «religion d'Etat».Le RCD, qui considère «la question da l'amazighité, véritable socle de l'identité de la majorité écrasante des Maghrébins, est d'abord une question citoyenne et démocratique», rappelle que «nous sommes au milieu du gué et c'est maintenant que le combat est plus difficile», et appelle les militants et les citoyens à se mobiliser pour «réhabiliter la ferveur militante dans le but de faire avancer le combat identitaire et de réhabiliter une langue ancestrale que ses locuteurs ont su préserver contre vents et marées».Rappelons que lors de leurs interventions, des militants-candidats comme Meziane Chabane, maire RCD de Haà'zer, et troisième dans la liste, et qui a connu les geèles du pouvoir durant le Printemps noir 2001 dont il porte encore les stigmates en contractant une maladie de la peau durant son incarcération, a rendu un hommage appuyé aux militants de la cause amazighe depuis Saà'd Sadi, l'un des fondateurs du MCB et du RCD et l'un des détenus 1980, aux côtés de 23 autres militants dont Ali Brahimi, transfuge du RCD mais que l'orateur cite nommément, et feu Salah Boukrif, tous deux natifs de Bouira ; en terminant par les 128 martyrs du Printemps noir 2001.Peu après-midi, et juste après la dispersion des marcheurs, la ville a repris son calme.Cependant, le dispositif impressionnant de la police qui a quadrillé toute la ville, a été maintenu toute la journée. Un dispositif maintenu et déployé beaucoup plus pour contrer l'autre action prévue par les étudiants qui voulaient marcher au nom du MAK et qui furent empêchés par les policiers stationnés devant le campus universitaire. Sur les lieux, une dizaine de jeunes, venus des communes berbérophones de la wilaya et qui voulaient s'associer à la marche des étudiants, ont été interpellés et conduits au commissariat central. Ces derniers ne furent libérés que tard dans la nuit de jeudi, après la fermeture de la RN 26 par des jeunes au niveau du village Raffour, dans la commune de M'chédallah, pour exiger leur libération.
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