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Le marché des fruits et légumes s'affoleMalgré son statut de wilaya agricole puisque le terme vocation n'est plus à la une, cette wilaya vit au rythme des augmentations de prix imprévisibles et très exagérées.Classée troisième wilaya productrice de pomme de terre, le tubercule coûte en saison et arrière-saison entre 60 à 100 DA. Les agrumes fortement produits dans les plaines de Kadiria n'ont pas échappé à cette frénésie des prix. L'orange et la mandarine, fruits de saison, sont cédées entre 180 et 280 DA le kilogramme.Ces hausses se sont généralisées. Le marché des fruits et légumes s'affole. A peine l'hiver, l'automne, le printemps ou l'été installé que déjà certains commerçants saisissent l'occasion pour dépouiller les clients. Utilisant le subterfuge de la météo et faisant croire que la dégradation du temps en ces mois de janvier et de février serait un handicap pour accéder aux champs, les intermédiaires et leurs relais dictent leur loi.«Si par le passé 1000 DA remplissaient largement un couffin, de nos jours les achats peuvent être contenus à l'aise, dans deux petits sachets en plastique.L'action des pouvoirs reste insuffisante et participe à calmer les esprits plus qu'à éradiquer et sanctionner» commente notre interlocuteur. L'opération coup de poing menée par les pouvoirs publics contre le commerce informel s'escompte puisque des marchés entiers sont nés aux quatre coins des villes. A Bouira c'est la sortie Sud, sur la RN5, qui a fini par devenir un marché. A l'ouest et à moins de 5 km de la ville, au village Saïd Abid, les accotements de la RN 28 servent de lieu de vente à des jeunes. «La lutte contre le phénomène ne peut se faire sans une stratégie à long terme. Il faut d'abord, réaliser des espaces et plus précisément des marchés de gros, de demi-gros pour avoir une emprise sur ces prix et exercer un contrôle rigoureux» pense un spécialiste.Le secteur de l'agriculture, qui demeure pour beaucoup un secteur «budgétivore», ne participe pas à la régulation du marché. Là aussi la primauté a été donnée au profit. L'Etat aide, efface des dettes, soutient les acquisitions de semence, donne l'eau à partir des barrages, attribue des chambres froides, accorde des prêts pour au final enrichir les riches et appauvrir les pauvres. Quand on tente de comprendre le pourquoi de ces «yoyos», chacun renvoie la balle dans le camp de l'autre. Le producteur accuse le grossiste, lequel désigne le détaillant. En réalité, tout le circuit est d'accord pour prendre en otage le consommateur, le dernier maillon de la chaine.Ce processus est huilé et intégré par des spéculateurs ayant pignon sur les marchés les plus connus du pays. «Tout le monde trouve son compte. Tant que le citoyen accepte et se soumet, la vie continuera» se plaint un citoyen.Secteur par excellence pour blanchir l'argent, le créneau connaît un vrai boom. L'immobilier et le foncier à Bouira ont atteint des prix qui défient toute logique. Un simple F3 dans un quartier du centre-ville coûte au moins 10 millions de dinars. Le foncier en centre-ville est cédé à 120.000 DA/m2. Les logements acquis dans le cadre du LSP avec l'aide de l'Etat et à des coûts plus que raisonnables se vendent sous la table à trois fois le prix d'acquisition. Même la loi décrétant l'incessibilité pendant 10 ans en lieu et place de 5 ans ne semble pas décourager les auteurs qui trouvent toujours le moyen de contourner la réglementation.L'unique victime reste le citoyen réellement dans le besoin. L'anarchie qui règne dans nos marchés est un sérieux coup à la crédibilité de l'Etat...


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