Dans les années 1960 et 1970, l'eau a coulé à flots dans les robinets des maisons et des cités de Bouderbala ( 52 km au nord-ouest de Bouira), avant de disparaître, laissant les habitants de cette contrée oubliée dans une soif longue de 30 ans.
Le problème de l'eau dans le chef-lieu de cette vieille commune est un feuilleton à rebondissements. Tout a commencé au milieu des années 1970, quand Bouderbala dépendait encore de la wilaya de Tizi Ouzou. A l'époque, les responsables locaux, pour renouveler les canalisations devenues vétustes et subvenir aux besoins en eau d'une population s'accroissant à vue d''il, ont décidé de ramener l'eau de Talaouagueni, un village situé en amont de la commune. Et, joignant le geste à la décision, ils lancèrent les travaux, mais c'était sans compter avec l'intransigeance des habitants de Talaouagueni qui s'opposèrent fermement à ce projet, qu'ils finiront d'ailleurs par faire capoter à quelques mois de son achèvement.Prenant leur mal en patience, les Derbalis se remettent à leur sport non favori : chercher l'eau où qu'elle se trouve. Les uns iront la puiser avec un seau dans une petite source située au bord du lit d'un ruisseau à quelque 800 m des premières habitations. D'autres feront la queue des heures durant devant un « saridj ».Les plus chanceux, une minorité bien sûr, ont un puits. Et cela dure depuis plus de 30 ans. Il faut le dire, les P/APC qui se sont succédé à la mairie de Bouderbala durant les trois dernières décennies, ne sont pas restés les bras croisés devant cette situation pour le moins honteuse. Mais, force est de constater qu'aucun d'entre eux n'a réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué. Et ce n'est pas faute de moyens financiers. Certains P/APC, dont l'actuel qui est à son deuxième mandat, ont bénéficié de sommes faramineuses, mais, on ne saura peut-être jamais pourquoi, cet argent n'a servi qu'à mettre en place des canalisations et des pompes, lesquelles ont servi à tout sauf à faire couler l'eau chez les Derbalis. Rencontré au cours d'une virée à Bouderbala, un jeune homme, marié et père d'un enfant, a bien voulu raconter à El Watan comment il fait pour approvisionner sa petite famille en eau. « Chaque semaine, nous dit-il sans animosité, je me paye une citerne d'eau non potable à 700 DA. Et chaque soir, je prends mon véhicule et je vais chercher deux jerricans d'eau pour boire et cuisiner ». Les Derbalis reverront-ils un jour l'eau couler chez eux ' Peut-être qu'avec la réception du barrage de Koudiet Acerdoune (20 km de Bouderbala), leur problème N°1 ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ahcène Bettahar
Source : www.elwatan.com