Bouira - A la une

Après les pluies persistantes de ce mois de juin



Après les pluies persistantes de ce mois de juin
«Le malheur des uns fait le bonheur des autres», dit le dicton. A Bouira, et pour le cas des céréaliculteurs de la wilaya, nous pourrons inverser ce dicton et nous les y trouverons en bonne place. «Le bonheur des uns fait le malheur des autres.» Les autres, ce sont justement les céréaliculteurs qui, contrairement aux uns, c'est-à-dire les maraîchers, les arboriculteurs et même les oléiculteurs qui accueillent avec beaucoup de bonheur ces pluies comme arrosages providentiels, vivent les moments présents comme un véritable supplice.C'est un véritable état d'alerte qui frise l'hystérie que nous avons perçu chez certains céréaliculteurs, tant avec les quantités de pluies qui se sont déjà abattues à travers la wilaya, leurs cultures céréalières sont sérieusement menacées. Et avec la météo qui annonce encore des perturbations, ajoutées aux pluies torrentielles qui se sont déjà abattues durant la nuit de vendredi, puis celles de ce samedi qui étaient assez marquées et qui ont duré, quand même, une bonne partie de la soirée, les céréaliculteurs redoutent vraiment la catastrophe pour leurs cultures.Selon un groupe de céréaliculteurs de la région de Bouira que nous avons rencontrés hier, les orges sont les plus menacées puisqu'elles sont très fragiles. Le fait qu'elles soient au stade de maturité, selon eux, ces pluies orageuses leur causent d'énormes dégâts avec des tiges qui se ramollissent et qui se cassent ou se plient jusqu'au sol, créant des conditions idéales pour l'emmagasinage à l'intérieur des épis de quantités importantes d'eau. En tout cas, selon eux, suffisamment pour permettre l'éclosion des graines à l'intérieur des épis si le mauvais temps persiste dans cette situation, c'est-à-dire avec des pluies orageuses cycliques et quasi-quotidiennes, ne laissant plus de temps à l'épi de s'assécher.Cela étant, et selon nos interlocuteurs, plusieurs céréaliculteurs ont déjà ramassé leurs récoltes d'orge et même d'avoine, puisque la campagne de moisson-battage a commencé officieusement depuis la mi-mai dans certains endroits.Cependant, si l'orge et l'avoine ont été en partie récoltées, ce n'est pas le cas pour le blé dur et le blé tendre. Des milliers d'hectares de ces deux variétés risquent d'en pâtir si les pluies persistent pendant ce mois de juin.Et le comble dans toute cette histoire, c'est que face à ce risque, aucune solution n'est possible : les céréaliculteurs ne font que prier le bon Dieu pour que le beau temps, c'est-à-dire les chaleurs de saison, revient pour permettre à leurs cultures céréalières d'atteindre idéalement leur maturité et pouvoir procéder par la suite, soit à partir de juillet, à la campagne de moisson-battage. Pour rappel, au niveau de la wilaya de Bouira, ce sont quelque 67 748 hectares de terres agricoles qui ont été emblavées durant la présente campagne 2016-2017, avec pour le blé dur, 39 286 hectares ; le blé tendre, 8 425 ha ; l'orge, 18 366 ha et enfin, l'avoine avec 1 671 hectares.L'année dernière, et avec une surface totale de 70 000 hectares, la production globale était de près de 1,4 million de quintaux. Cette année, et malgré l'optimisme affiché au début du mois de mai par les responsables des services agricoles qui avaient redouté, dans un premier temps, la sécheresse qui avait sévi pendant le mois de mars mais vite compensée par les pluies du mois d'avril, les pluies qui s'abattent actuellement à l'intérieur du pays et qui touchent la wilaya de Bouira, risquent de compromettre sérieusement la campagne céréalière.Du moins, côté qualité du grain qui risque de se noircir et même de faire des pousses et de commencer la germination ; ce qui aura pour conséquence, lors de l'ensilage, selon un expert agricole, le développement de maladies cryptogamiques qui ne seront visibles que lors de la prochaine campagne des labours-semailles.
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