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Amirouche. chanteur engagé



Amirouche. chanteur engagé
Contraint à l'exil où il a passé plus de 15 ans, en France, après avoir subi des menaces de mort de la part de terroristes au début des années 1990, le chanteur engagé auteur de la célèbre chanson Adieu l'Algérie M'a yetfit el Fis, qui avait fait le buzz au début des années 90...Amirouche, qu'on surnomme également l'ennemi du pouvoir et des islamistes, est interdit depuis plus de 25 ans de toute production sur scène en Algérie.Après 15 ans d'exil, vous êtes toujours interdit de chanter en Algérie ; qui est derrière cette interdiction et pourquoi 'C'est le pouvoir. Il faut savoir que j'ai été arrêté par les services de sécurité en 1986 à Tizi Ouzou après l'arrestation des leaders politiques, à l'image de Saïd Sadi, Nordine Aït Hamouda et d'autres militants pour avoir activé et milité pour les droits de l'homme. Après une année, j'ai réussi à récupérer mon passeport et j'ai décidé de quitter le pays.Ils m'ont interdit de chanter en Algérie parce que je ne plais pas au système politique algérien. La raison est simple : tout ce que je fais et tout ce que je dis dans mes chansons ne leur plaît pas. Cela n'arrange pas le système, le pouvoir, qui lui seul, malheureusement, décide de tout. Nous n'avons pas le droit de nous exprimer dans notre pays.A votre retour en Algérie en 2005, vous deviez animer un gala à la salle Errich à Bouira... Le concert avait été annulé par les autorités locales qui avaient décidé de fermer les portes de la salle une heure avant le début de gala 'A Bouira, les responsables ont reçu des instructions de fermer carrément la salle. Depuis, j'ai quand même formulé des demandes via mes producteurs aux responsables pour avoir l'autorisation, mais cependant nous n'avons reçu aucune réponse, ni positive, ni négative.Et je ne crois pas qu'ils vont nous délivrer des autorisations pour chanter et rencontrer notre public.La preuve, récemment mon producteur a été contacté par les responsables de la TV4, tamazight, et les deux parties ont signé un contrat d'un spot publicitaire qui devait passer sur cette chaîne concernant mon concert que j'ai animé au Cabaret sauvage à Paris.Le spot publicitaire est passé deux fois avant que les responsables de la chaîne ne soient «blâmés» par les décideurs pour avoir passé des images de celui qu'on nomme maintenant l'ennemi du pouvoir et de l'islam.Ce sont les services de sécurité et des renseignements qui étaient derrière cette censure. J'ai appris de sources fiables qu'ils ont appelé carrément le directeur de la chaîne et lui ont signifié que sa télévision a osé passer un chanteur qui est contre le pouvoir et contre l'islam, et en plus que j'avais insulté le président de la République.Vous avez insulté le président 'Moi, j'estime que je n'ai jamais insulté le président de la République dans mes chansons.Et si on vous sollicitait pour animer des concerts, vous allez accepter 'Bien évidemment que j'accepterai, mais à condition. Il faut savoir que la chanson engagée a régressé en Algérie. Donc, il faut profiter au maximum pour véhiculer le message, celui de défendre notre culture et notre identité.Et vous continuerez toujours à la faire 'Oui. Je chante toujours pour l'identité amazighe et j'exprime les souffrances de cette frange délaissée par le régime. Je crois que ce sont ces gens qui nous gouvernent qui continuent de nous insulter.Revenons à la musique. vous avez donné un concert le 16 juillet dans votre village natal, où vous avez rendu hommage aux martyrs du FFS tombés au champ d'honneur. Avez-vous demandé une autorisation pour chanter 'Non. Cela est devenu est une tradition dans ma région natale. C'est un hommage qu'on a rendu aux premières victimes du système algérien de 63-64 où mon père figurait dans la liste des victimes. C'était une occasion pour nous de réclamer encore une fois la reconnaissance de ces martyrs. Ce sont des cadres de la Révolution algérienne.La réconciliation nationale signifie le grand pardon, où ceux qui ont massacré des milliers d'Algériens durant la décennie noire sont pardonnés et graciés par le pouvoir.Récemment, j'ai été surpris quand j'ai vu à la télévision un terroriste, en liberté, dire avec beaucoup de fierté avoir tué des soldats. Il a tué et il passe quand même à la télévision, tandis que le sacrifice de ces martyrs et autres franges de la société qui se sont sacrifiés pour l'indépendance du pays sont marginalisés. C'est injuste.


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