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Alors que les prix de la pomme de terre atteignent les 80 dinars le kilo



Alors que les prix de la pomme de terre atteignent les 80 dinars le kilo
Les intempéries qui se sont prolongées dans le temps aidant, les prix de la pomme de terre ont atteint les 70, voire les 80 dinars dans les marchés du détail. Des prix exorbitants que le citoyen, ne pouvant plus se passer de ce légume de base dans la cuisine, achôte malgré lui.Pour en savoir plus sur les raisons de ces hausses vertigineuses des prix des légumes et des fruits, particulièrement celui de la pomme de terre, nous nous sommes rapprochés de certains professionnels du domaine dans la wilaya de Bouira.Le président de la filiale maraîchère qui regroupe, outre la pomme de terre, une panoplie de variétés de légumes produits au niveau de la wilaya de Bouira, M. Messaoud Boudehane, nous dira de prime abord que dans l'état actuel des choses et vu les tergiversations des pouvoirs publics pendant les récentes campagnes en laissant les producteurs se démener seuls face aux problèmes de la baisse des prix de la pomme de terre, les prix de 70, voire 80 dinars le kilogramme de pomme de terre ne l'étonnent pas.«Je dirais même que ce prix est plus proche de la réalité», asséna-t-il non sans rappeler les pertes énormes enregistrées auparavant par les professionnels qui réclamaient à plusieurs reprises un véritable office qui puisse réguler le marché et surtout assurer l'achat de la récolte auprès du producteur à un prix préalablement arrêté qui puisse assurer la pérennité de cette filiale et sa rentabilité.Non, au lieu de rassurer les producteurs, les pouvoirs publics se félicitaient à grand tapage médiatique de la réussite de leur politique agricole et le fameux plan PPDA et la disponibilité de ce tubercule et son abondance avec des prix très en deçàdu prix de revient. Lorsque les pouvoirs publics se félicitaient de la surabondance de ce produit qui était écoulé à moins de 20 dinars le kilogramme, personne n'était à l'écoute de ces producteurs qui avaient injecté des centaines de millions, voire des milliards pour, au final, ne récupérer même pas leur capital. Des producteurs qui ne cessaient d'expliquer que seul un office qui assurerait l'achat de leur produit à un prix fixe qui arrangerait tout le monde, pourrait sauver la filiale.Aussi, après ces pertes à répétition, plusieurs professionnels ont préféré mettre la clé sous le paillasson en attendant des jours meilleurs ou carrément changer de créneau. Au niveau de la wilaya de Bouira, ce sont plus de 30 professionnels qui ont préféré abandonner ce créneau que de courir une banqueroutecertaine.Pour leur part, ceux qui ont maintenu le cap et résisté face à ces pertes à répétition, espèrent toujours une intervention des pouvoirs publics pour mettre de l'ordre dans la filiale.Un espoir qui fait partie des vœux pieux car, selon Messaoud Boudehane, au lieu d'encourager les producteurs, le pouvoir les accule avec des impôts et autres mises en garde en leur traçant un seuil au-delà duquel aucun centime n'est toléré. Les producteurs, qui rappellent les multiples dépenses pendant le cycle de production de la pomme de terre, depuis les grands labours, jusqu'à l'achat de la semence, en passant par les herbicides et autres engrais, ainsi que le paiement de l'eau du barrage et, enfin, la main-d'œuvre pour l'arrachage et la mise en caisse ou dans des sacs, ne comprennent pas pourquoi les importateurs des ces engrais, d'herbicides et même de semences ne sont pas inquiétés dans l'établissement des prix de vente, alors que le producteur est sujet à une réglementation ; en se retrouvant, dans la plupart des cas, à vendre à perte.Et pour étayer ses dires, notre interlocuteur de rappeler qu'actuellement, la pomme de terre, qui est cédée à 70 dinars, revenait au producteur sur pied à 33 dinars. Aussi, si l'on offre une marge de bénéfice de 5 dinars à ce producteur, le prix de 70 dinars pour le consommateur qui vient en bout de chaîne après le grossiste, les semi-grossistes et le détaillant, est proche de la réalité.Sinon, si l'Etat veut que le consommateur achôte toujours la pomme de terre à un prix n'excédant pas les 50 dinars, il n'a qu'à créer ces offices de légumes et fruits qui vont acheter le produit directement de chez le producteur et arrêter de commun accord les marges de bénéfice entre le producteur, le grossiste et le détaillant, après avoir déterminé le prix de revient du produit.Bien entendu, si ces offices venaient à être créés, l'opération toucherait non pas uniquement la pomme de terre mais l'ensemble des légumes et fruits produits en Algérie.De la sorte et toujours selon Messaoud Boudehane, l'Etat, par le biais des deux ministères - Commerce et Agriculture - qui se rejettent depuis des années la balle sur le véritable responsables de ces hausses des prix, mettrait fin à la spéculation qui est devenue un véritable cauchemar pour l'Etat surtout pendant les périodes d'intempéries et les mois de Ramadhan de chaque année.Cela étant, le SG de la Chambre d'agriculture de la wilaya de Bouira, M. Malek Akkouche, plaide non pas pour un office qui «ne correspond pas du tout à ce genre de produits que sont les légumes» mais pour des coopératives créées et gérées par et pour les professionnels de la pomme de terre eux-mêmes.«Un peu comme cela se fait pour la tomate en France, où les professionnels ont créé une coopérative qui a fini par s'imposer à l'échelle du territoire français et dans toutes les grandes surfaces comme l'unique partenaire qui arrête les prix et les marges bénéficiaires.D'après M. Akkouche, la réussite de cette expérience a encouragé les producteurs de la tomate à élargir leur coopérative pour toucher tous les produits rouges, c'est-à-dire la tomate, les fraises et les cerises.Aussi en Algérie, et puisque selon toujours ce cadre de la Direction de l'agriculture, le ministère encourage les coopératives plutôt que les offices, il est temps pour les professionnels de cette filiale de s'organiser pour créer une coopérative qui puisse réguler le marché national de ce tubercule et, pourquoi pas, prévoir même le marché de l'exportation qui fera gagner à l'Etat et aux producteurs la forte devise, après avoir satisfait le marché national avec des prix raisonnables.
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