Parler de développement durable, c'est oser des questions qui fâchent. Encore plus délicat que ça, le fait de prévoir un progrès au niveau des zones recluses, les montagnes, semble bien plus qu'embêtant. Pourtant, les professions de foi ne sont pas ce qui manque.
Les sorties sur le terrain des responsables, à l'image de celles entreprises depuis quelques mois par le nouveau wali de Bouira, en sont un exemple. Celles-ci sont à chaque fois entrecoupées de coups de gueule. Mais, à quelle fin ' s'interrogent déjà le commun des citoyens ayant eu à assister à ce genre d'engueulades où des maires, des chefs de daïras, des directeurs de l'exécutif de la wilaya ont eu droit à ce qui s'apparente à des douches écossaises, frôlant même parfois la menace de recourir à des sanctions. Les mis en cause, visiblement habitués, et en tant que « bêtes et disciplinés », comme disait l'adage, répondent par des sourires joviaux trahissant le cynisme et la cruauté. On sait que « le chat » n'est pas toujours là, et l'on reprendra la danse dès les oriflammes enlevés. La population aux oripeaux, peut encore espérer tant que rien ne semble arriver. On se joint à une sorte de théâtre à l'Italienne, où la scène est séparée du public par une cloison imaginaire. Le temps d'un speech. Et on repart bredouilles pour faire face aux difficultés innombrables auxquelles on est habitué. En zones rurales, tous les clignotants sont au rouge : rien ne va ! Mais, comme disait Camus : « L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde. » C'est donc, l'absurdité qui règne en maître, et le citoyen lambda peut s'amuser en attendant des jours meilleurs.Pour la petite histoire, lors de l'une des sorties du wali de Bouira, qui n'a pas manqué de haranguer l'un de ses directeurs d'exécutif, en lui enjoignant d'aller en besogne sous peine de sanction, celui-là qui se tient de marbre, ne trouva mieux à répondre à l'un de ses collègues lui jetant une pièce de 50 DA, en lui ordonnant de quitter la ville (façon de plaisanter !), celui-là répondra sans hésiter qu'il fallait donner la pièce au chef (le wali). « C'est lui le chérif ». Quant à ce fonctionnaire, il était déjà là quand l'autre est arrivé. C'est dire que les choses tournent tellement mal que la sourde oreille est appliquée en amont et en aval' le citoyen peut se bercer en rêvant de se voir touché par un bout d'autoroute ou encore bénéficier du financement de quelques plantations d'oliviers fictifs. Voilà à quoi se résume le vécu de nos concitoyens, la roublardise si l'on veut survivre. En fait, nous ne faisons qu'exprimer le désespoir de l'homme devant l'absurdité de l'existence, pour paraphraser Kafka.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Lyazid Khaber
Source : www.elwatan.com