
L'après-Ramadhan à Bouira se caractérise par un climat caniculaire. La nature est ainsi faite, c'est l'été. Ce temps lourd s'ajoute à un autre climat social aussi pesant. La vie est menée à un rythme ralenti. La récente opération de distribution de logement est venue ajouter au climat déjà tendu un plus. Depuis l'annonce de la décision de «donner» des logements, les débats ne tournent qu'autour de cette opération qui reste «douteuse» pour bon nombre de citoyens et citoyennes. Entaché par des irrégularités, le recasement des habitants de la cité Evolutive, l'opération a fini par trouver une issue avec l'intervention du wali qui a reçu les plaignants. L'éradication des habitations précaires aussi et malgré les quelques cas litigieux semble avoir trouvé un dénouement. Le logement social, lui, reste le créneau qui aura suscité le plus de mécontents. Jeudi dernier la commission chargée de l'enregistrement des recours avait délivré 2655 récépissés. Même si le nombre de logements attribués reste très loin du nombre de demandeurs, 500 unités pour plus de 3000 demandes, même si la ville de Bouira n'a pas bénéficié d'une distribution de logements sociaux depuis 2006 la liste comprendrait selon certains des cas bizarres. La décision des pouvoirs publics d'approfondir les investigations et de reprendre les enquêtes est reçue favorablement par les plaignants qui souhaitent une révision de cette liste. L'autre grand sujet à la une en cette semaine caniculaire reste l'épidémie de fièvre aphteuse. Alors que le ministre réconforte les éleveurs, eux crient au scandale. L'épidémie connaît une évolution et touche de plus en plus de zones à travers la wilaya. Alors que la direction de l'agriculture tente de rassurer en parlant de plus de 160 têtes bovines touchées par la fièvre aphteuse, des vétérinaires rencontrés, hier, parlent d'une propagation plus importante. Plus d'une vingtaine de foyers sont recensés par les médecins privés auxquels des éleveurs font appel. En plus d'une mauvaise gestion du phénomène, ces médecins reprochent à l'administration son penchant pour ne pas dire toute la vérité. La fièvre aphteuse risque de toucher les ovins qui restent plus fragiles. La comestibilité de la viande n'est pas remise en cause ainsi que la non-contagion des humains. Dès la découverte du premier foyer en Tunisie, les autorités auraient dû établir un rempart au niveau de la frontière, d'entamer les opérations de vaccination sur l'ensemble des régions de l'est du pays pense Hamid, un ancien vétérinaire. Même reproche quand le premier cas avait été détecté dans la commune de Aïn Turk à l'ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira. la réaction a tardé à venir d'où la propagation du virus dans les communes de Ath Laâziz, Taghzout, Haizer, Oued El Berdi, El Hachimia, Aïn Bessem... pour ne citer que ce cordon autour de la ville de Bouira où se tient le marché à bestiaux considère notre interlocuteur, le risque de voir le cheptel ovin contaminé est grand. Si la situation venait à se dérouler, le mouton coûtera extrêmement cher avec l'approche de l'Aïd. Les appels à éviter de consommer la viande ces derniers jours a semé la panique parmi la population qui doute de la véracité des propos de l'administration. «Dire que la consommation de cette viande ne représente aucun danger est totalement faux. L'acidité qui s'installe dans la viande tue le virus mais il restera des traces dans l'os et la graisse. La consommation peut faire apparaître une allergie bénigne surtout chez l'enfant» pense un médecin. Pour le moment et selon cette même administration de l'agriculture la situation est prise sérieusement en charge par une cellule de crise présidée par le directeur et ses collaborateurs. Les vétérinaires de la wilaya sont réquisitionnés pour intervenir quotidiennement sur l'ensemble de la wilaya.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com