Bordj-bou-arreridj - A la une

Le village Bouanda réclame sa part du développement



Le nord de la wilaya de Bordj Bou Arreridj souffre encore de l'enclavement. Ses communes Djaâfra, Colla, El Main et Teffreg ainsi que la commune de Theniet Ennaser se caractérisent par un déficit notoire en matière d'équipements de base et de possibilités d'emplois. Coincés entre la wilaya de Béjaïa et le massif montagneux de Djaâfra, une cinquantaine de kilomètres au nord de Bordj Bou-Arréridj, Bouanda Thameziant (petite) et Bouanda Thamokranet (grande), deux villages voisins qui portent le même nom sauf que l'un est plus grand que l'autre, souffrent de tout.L'enclavement et les carences dans presque tous les volets de la vie compliquent la vie de cette population qui ne demande que sa part dans le développement. Pour s'y rendre, il faut avoir un véhicule personnel ou négocier une course avec un taxi clandestin. "Une desserte par jour, il faut me comprendre", dira Zoubir, un chauffeur de taxi clandestin. "Avec cette route qui use les freins et les pneus, à 200 DA, je ne suis pas dans mes frais", ajoute-t-il. "Les transporteurs évitent cette région montagneuse", précise-t-il.
En effet, comment se déplacer en milieu rural quand on n'a pas de voiture ni les moyens d'y mettre de l'essence ' Comment réduire ses coûts de transport quand on habite loin de son travail, de son école, des infrastructures de base, en l'inexistence des bus et des taxis ' Comment décrocher un diplôme ou trouver du travail ' Comment survivre tout simplement dans ces conditions ' dans l'un ou l'autre village, la vie semble s'être arrêtée depuis des années.
La grande majorité des habitants a déserté leurs bourgades. Ils sont à Bordj Bou-Arréridj, Alger, Oran et d'autres régions du pays. "Avant, nos enfants partaient en France", dira une vieille femme rencontrée juste à l'entrée du village qui ajoute que durant la journée, le village se vide. Ses habitants partent chercher un travail et reviennent le soir pour dormir. "Même le travail de la terre ne rapporte rien.
En plus, dans les montagnes, les parcelles de terres sont très petites et le nombre des familles augmente", dira Toufik notre accompagnateur et fils de la région qui ajoute que les villages sont entourés d'une immense et dense forêt. "Il est interdit de défraîchir la forêt", précise-t-il. Cette situation a aussi pesé sur le quotidien des habitants qui ne peuvent pas utiliser les richesses de la forêt, comme avant, sans une autorisation des services des forêts.
Tous les habitants des deux villages s'estiment floués par les responsables qui "n'ont pas tenu la promesse de raccorder, lors de la première phase, les habitants non inclus dans le projet d'alimentation de la commune de Djaâfra". Ces derniers utilisent le bois (aux risques de payer une forte amende ou plus s'ils sont pris par les gardes forestiers) et les bonbonnes de gaz pour leurs besoins journaliers. "Le réseau existe, il suffit juste de procéder à son extension pour toucher tous les foyers de nos villages.
Nous avons saisi le maire et toutes les autorités concernées afin de prendre en charge l'opération mais en vain", expliquent les Bouandaouis. "L'approche de l'hiver est synonyme d'une augmentation de la consommation et là, chaque année, les intermédiaires profitent pour revoir à la hausse le coût de la bouteille et du bois", ajoutent-ils. Chaque saison ramène son lot de difficultés. En été, en plus du gaz, l'eau potable demeure l'un des problèmes les plus lancinants qui se posent avec plus d'acuité.
Cette ressource étant rare, sur les réseaux de distribution, pousse les villageois à se rabattre sur l'achat des citernes à plus de 1200 DA le remplissage. À la longue, cela occasionne de lourdes charges pour eux. "Avec la sécheresse, tous nos points d'eau sont à sec et les robinets aussi", disent les villageois. "Les familles de conditions modestes sont plus pénalisées par cet état de fait qui ne fait que perdurer", estiment les villageois. L'électricité a des coupures en hiver à cause des tempêtes de neige et du vent, et en été à cause de la surcharge du réseau.
À côté de ces carences, les jeune de ce village sont en proie à l'oisiveté et aux fléaux sociaux. Il n'existe aucun foyer de jeunes, ni de terrains de proximité pour effectuer des activités culturelles ou sportives. De leur côté, des responsables locaux se justifient par l'insuffisance des budgets alloués au profit de la commune au titre des différents programmes de développement mis en ?uvre par l'Etat et aussi aux oppositions de certains habitants qui refusent qu'on touche leurs terrains.

Chabane BOUARISSA
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