
L'ambassadeur de la République du Sénégal ; M. Papa Omar Ndiaye qui a effectué en fin de semaine une visite à la wilaya de Bordj Bou-Arreridj pour s'enquérir du processus d'investissement privé dans cette wilaya, s'est rendu à la Société algérienne géo- membrane-Mechri.Unique producteur national de géo -membrane synthétique destinée à de multiples applications d'étanchéité et qui contribue aux projets qui s'inscrivent dans le sens de la protection de l'environnement et de la prévention de la population. Avec la visite de l'ambassadeur de la République du Sénégal, la Société envisage de développer et promouvoir un partenariat en s'investissant dans la production directe à travers l'Afrique avec une première présence effective au Sénégal, a expliqué M. Mechri. " Par l'apport de notre expertise, nous proposons des solutions techniques clés en main et proposons des formations pour la maîtrise des techniques de pose et autres soudures des membranes en direction du Sénégal et ce, en collaboration avec les professionnels du secteur ", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Papa Omar Ndiaye.
L'ambassadeur du Sénégal a tout d'abord indiqué qu'il a pour mission de renforcer et de consolider le partenariat entre le Sénégal et l'Algérie. " Un partenariat entre les opérateurs économiques des deux pays visant la mise en relation de ces opérateurs économiques en favorisant le commerce dans les deux sens, d'autant plus aujourd'hui, tout le monde, même sans verser dans un optimisme béat, tout le monde à dire que l'avenir du monde, c'est l'Afrique. On dit que demain, c'est le tour de l'Afrique, moi je dis que ce n'est pas demain, le tour de l'Afrique c'est aujourd'hui ". Pour arriver à cela, M. Papa Omar pense que les micro-Etats aussi grands qu'ils soient, " l'avenir est au grand ensemble, l'avenir est à la mutualisation des moyens. Nous avons nous-mêmes construit notre développement sans compter sur les autres. C'est dans le développement, dans le partenariat d'égal à égal que nous devons nous inscrire avec les autres. Pour pouvoir le faire, nous devons nous unir, réunir nos forces, mutualiser nos moyens ". Faisant dans la diplomatie économique, M. Papa Omar dira que chacun de nos deux pays doit mettre en exercice. " C'est cela notre rôle, faire un inventaire de toutes les potentialités de l'Algérie, les porter à la connaissance des hommes d'affaires sénégalais et vice versa dans le but de favoriser les échanges entre les opérateurs des deux pays. En plus du rôle diplomatique que nous avons à faire valoir au niveau du rapprochement politique, les échanges de vue, etc., le plus important pour nous aujourd'hui, si nous voulons accélérer notre développement, c'est la mise en relation de nos opérateurs respectifs. Et c'est dans ce cadre-ci que s'inscrit ma visite à Bordj Bou-Arreridj ". Evoquant la coopération économique entre le Sénégal et l'Algérie, le diplomate sénégalais a rappelé que déjà le partenariat, les échanges commerciaux entre les deux pays étaient autour de 8 millions de dollars en 2015 et " c'est relativement assez faible ". L'ambassadeur rappellera également que depuis son arrivée à Alger en 2013, il a relevé que durant plus de 30 ans " un désert diplomatique a été enregistré entre les deux pays ". " 30 ans pour moi, c'est un désert diplomatique. Nous avons travaillé avec nos autorités pour redynamiser les choses. En 2015, le président sénégalais est venu en visite d'Etat en Algérie. Suite à cela deux déplacements d'hommes algériens au Sénégal ont été organisés et qui se sont soldés par la tenue d'un forum à Dakar. Aujourd'hui, il y a plus de cinq entreprises algériennes qui se sont installées à Dakar. Pour moi, les choses bougent dans les deux sens ".
L'ambassadeur sénégalais fera une importante remarque en disant : " Les hommes d'affaires algériens ne sont pas suffisamment agressifs pour pénétrer le marché africain. Il faut des initiatives pour aller pas à pas sur le marché, faire connaître ses produits ". Il rappellera que le Sénégal n'est pas un pays fermé, il n'y a pas de restriction à l'investissement. " En une journée on peut créer son entreprise et commencer à travailler, la liberté et la totale garantie de pouvoir rapatrier les bénéfices sans aucune entrave, notre système bancaire est très ouvert pour accompagner les opérateurs. Mais ce qui manque c'est une agressivité des opérateurs économiques algériens, agressivité dans l'autre sens des opérateurs économiques sénégalais pour qu'il y ait un véritable partenariat entre Dakar et Alger ".
Répondant à une question du Maghreb de l'Economie sur l'avenir de la coopération Sud-Sud, la crise mondiale, les foyers de tension et le rôle du Nepad, M. Papa Omar dira " Nous sommes condamné à aller dans le sens de cette coopération Sud-Sud. Nous devons cesser de compter sur les autres pour régler nos problèmes. Notre développement, c'est à nous de l'assurer et nous ne pouvons l'assurer qu'en étant ensemble ". Il notera qu'aujourd'hui, il y a un chantier au niveau de l'Union africaine pour mettre en place une " zone de libre échange " continentale. " le chantier est bien avancé et il est au stade de l'union douanière et qu'il devrait être mis en place d('ici la fin de l'année en cours ". Il précisera que c'est dans cette voie qu'il faut aller, " mais au préalable, il faut mutualiser nos moyens. Il faut que chacun accepte une petite part de cette volonté. Nous sommes condamnés, obligés si nous voulons sortir nos têtes de l'eau, condamner à nous unir, condamnés à mettre nos moyens ensemble ". A titre d'exemple, l'ambassadeur sénégalais citera le Mali en disant : " Le Mali à des frontières avec l'Algérie, mais le Mali a grand intérêt à capitaliser toute l'expérience que l'Algérie a obtenue dans la lutte contre le terrorisme". Evoquant le Nepad il dira : " Ces derniers temps, un débat a eu lieu, il était question de fonder le Nepad dans l'Union africaine. Cela n'a pas été le point de vue du Président sénégalais, étant celui qui préside actuellement le comité d'orientation du Nepad. Aujourd'hui et comme souvent souligné par le président du Sénégal, le Nepad doit être renforcé et c'est un chantier sur lequel tous les Etats africains devraient s'unir pour le pousser vers l'avant ".
De Bordj Bou-Arreridj,
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ammar Zitouni
Source : www.lemaghrebdz.com