Bordj-bou-arreridj - A la une

«Il y a une bonne opportunité de faire de grandes choses»



«Il y a une bonne opportunité de faire de grandes choses»
Crise économique, chômage, difficile intégration, discrimination, manque de perspectives... De plus en plus de jeunes diplômés immigrés, nés en France quittent l'Hexagone pour l'Algérie. Notre reporter a rencontré un de ces jeunes en quête d'une nouvelle vie au Bled. Depuis plusieurs années, l'Algérie est devenue une destination privilégiée pour les investisseurs de tous les pays. Aujourd'hui, ce sont nos immigrés nés en France qui viennent s'installer au Bled. L'Algérie est devenue une destination privilégiée pour des centaines de jeunes immigrés touchés par la crise économique européenne.
Si les retraités y trouvent une vie meilleure, moins chère et le soleil toute l'année et surtout le retour aux racines, les jeunes diplômés y voient aussi des opportunités de carrière et d'investissement sûr et durable. Ces jeunes sont attirés par le dynamisme économique de l'Algérie et tentent leur chance hors de la métropole, avant ou après une première expérience professionnelle. Crise, chômage, ségrégation, intégration difficile, charges trop élevées sont autant de raisons qui les poussent à quitter la France et à revenir aux sources. Nebbache Lamir Abdelkader, né en France, à 40 ans tente l'expérience à Bordj Bou-Arreridj, après un long parcours professionnel à Lyon. Il revient avec des opportunités à investir. Il a décidé de créer une entreprise de fabrication de peinture de luxe à Bordj Bou-Arreridj, capitale de l'électronique et des matériaux de constructions en Algérie. La création d'entreprise est alors aussi justifiée par son caractère, son esprit d'indépendance. Il découvre pas à pas, les difficultés administratives et les limites à ne pas franchir. Mais tout cela n'est qu'une étape passagère, à ses yeux, car la concrétisation de son projet au Bled prime sur tout. Le premier terme qui vient à l'esprit pour tenter de qualifier ce jeune homme, c'est l'enthousiasme. C'est tout à la fois son moteur et son énergie, sa force et sa faiblesse, sa motivation et son excuse. C'est très certainement ce sentiment qui lui a permis de se lancer dans la création d'entreprise sans trop se poser de questions et sans craindre les conséquences de sa décision. Il commence alors à prospecter le marché algérien avec le projet de «construire quelque chose avec la France, afin de bénéficier de ses avantages sans subir ses inconvénients» (outre les discriminations dont il est victime, il dénonce le coût des charges salariales, les impôts, les lourdeurs administratives...). Parce qu'il est communicatif, son enthousiasme et la forme d'inconscience qu'ils induisent lui ont permis de renverser la plupart des barrières que rencontrent habituellement les jeunes créateurs de société et reste optimiste de connaître très vite le succès. Lamir Abdelkader est ambitieux, mais comme il le répète souvent «une ambition au service de notre société»... L'enthousiasme est aussi son excuse. Son adaptabilité en a fait, celui dont on peut récupérer le modèle d'implication de nos immigrés dans le développement du pays comme un exemple. Lamir Abdelkader a tout de suite accepté d'endosser ce costume mais ce n'était certainement pas pour faire de la figuration. Il a en Algérie toute la latitude pour réaliser ses ambitions professionnelles, tandis qu'en France ces dernières se sont toujours confrontées à de multiples obstacles «ce qui m'a permis de venir en Algérie, c'est que j'étais trop limitée dans mes actes en France». Alors qu'il considère que la France lui a procuré les connaissances, l'expérience et le cadre professionnel lui permettant d'acquérir une excellente compétence professionnelle, il considère qu'il ne peut pleinement l'exercer dans ce pays, car outre les inégalités de traitement en situation professionnelle, créer une entreprise en France est quasiment impossible du fait d'une saturation du marché et des coûts financiers très élevés. Sa situation actuelle lui permet à la fois d'être reconnu pour ces compétences professionnelles, de formuler de nouvelles ambitions et de vivre en Algérie où il bénéficie d'une qualité de vie inaccessible en région parisienne (le travail à proximité du domicile, le climat, la nourriture bio, les services...). Fier d'être Algérien, fier de sa religion, fier d'avoir grandi en banlieue, fier d'être un entrepreneur engagé, fier de revenir au Bled, Lamir Abdelkader assume toutes les facettes de sa personnalité et se tient prêt à apporter un plus dans la connaissance des dernières technologies en peintures, son enthousiasme, ses rêves et tous ses désirs de progrès. «Il faut que les jeunes immigrés se rendent compte qu'ils peuvent trouver un ballon d'oxygène en Algérie. Il y a une bonne opportunité de faire de grandes choses », dira-t-il. Ce jeune raconte son espoir, son premier acte dans l'aventure au Bled mais non moins difficile. Le parcours est semé d'embûches, mais les chances et les débouchées offertes par l'Etat algérien restent stimulantes pour ce jeune qui s'ennuyait en France et ne voyait pas de perspectives d'avenir.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)