Blida - Revue de Presse

Verdict Khalifa : la fonction d?exécution prend du galon



Le verdict du premier procès Khalifa a provoqué autant de scènes de réjouissance que de gestes de colère et de dépit. C?était inscrit dans la logique implacable du dossier et de sa ligne martiale de démarcation. Entre ceux qui ont obtenu la clémence de la chambre d?accusation et qui sont venus au procès comme témoins ou qui n?ont pas été cités du tout, et ceux qui n?ont pas obtenu cette grâce de la chancellerie et qui ont ferraillé deux mois durant pour échapper à l?anathème de la détention. Parmi ces derniers toutefois de vrais coupables. En cela le jugement du 21 mars 2007 peut conforter une nouvelle approche de la responsabilité dans les actes de gestion. Ainsi pour l?authenticité des actes. La régulation documentaire de la création d?entreprise est entre les mains des notaires. La condamnation finalement très lourde de maître Rahal devrait introduire une plus grande rigueur dans les études notariales et leur publicité. Celle particulièrement surprenante à ce niveau de sévérité (10 ans) de Akli Youcef, chargé de la caisse principale, et de son premier adjoint, Chabli (8 ans), déshabille les actes d?exécution de leur couverture habituelle, la soumission à la hiérarchie. Celui qui commet un acte illégal sous les ordres de son supérieur hiérarchique n?est pas protégé par l?injonction venue d?en haut. Quand bien même il pense s?être « couvert » en demandant une décharge écrite, comme cela a été le cas de Mir Ahmed, ce jeune financier revenu du Canada pour participer à la reconstruction de son pays et qui a transporté une fois, une seule fois, cinq millions de dinars pour son PDG. Deux ans de prison ferme. La fonction d?exécution a été également sévèrement mitraillée dans l?autre camp. Celui des grands déposants. Ainsi les DG des caisses et les directeurs financiers ont été condamnés « équitablement » à trois années de prison ferme pour faits de corruption avérés. Autant d?ailleurs que les présidents des conseils d?administration, comme c?est le cas de Abdellali Meziani de la CNR. Pour maintenir une cohésion d?ensemble le verdict a été bien sûr plus sévère avec les « fautes de conception ». Considéré comme architecte du projet ? sans que cela ne ressorte clairement dans son audition - Mourad Issiridir, ancien directeur d?agence BDL, est condamné à 12 ans de prison alors qu?il a quitté, dès l?année 1999, El Khalifa Bank, où il n?a jamais accédé à de hautes responsabilités. La suggestion de départ contenu dans l?acte d?accusation ne s?est pas démentie dans le verdict. Une association de malfaiteurs ? plus réduite qu?annoncée - a prémédité une rapine sur l?économie nationale profitant du besoin de l?Etat d?ouvrir son champ économique, grâce à une nuée de petits exécutants internes au groupe et de complices corrompus à la tête des institutions déposantes. Un coup imparable ? Le procès a démontré jour après jour que non. Mais le verdict n?a pu en tenir compte. C?est la source de la colère des parents de condamnés. La condamnation par contumace de Abdelouahab Keramane, devenu un paria international après avoir été gouverneur de la Banque d?Algérie durant 9 ans puis ministre délégué, ressemble à un aveu d?impasse. Si la Banque d?Algérie n?a pas su protéger les déposants comme le suggère la condamnation de son gouverneur, alors toute l?approche de la responsabilité est chamboulée dans cette affaire. Et si en plus la Banque d?Algérie n?a pas pu protéger les déposants parce qu?elle s?était mise sous le giron de la décision politique comme le démontre la fabuleuse aventure du rapport Touati étouffé - au ministère des Finances et à la présidence de la République - par une convergence de gestes protecteurs en faveur de Khalifa, alors la définition de la responsabilité de Akli Youcef est orpheline de celle des parrains d?affaires de Khalifa. L?exemplarité du procès de Blida aurait peut-être été de renverser la pyramide des responsabilités. Faute de quoi se déclarer incompétent.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)