Les participants à cette manifestation s'accordent à dire que plusieurs dysfonctionnements freinent l'application du gouvernement électronique.
Absence de volonté politique réelle, d'infrastructures de base, de ressources humaines qualifiées, mauvaise visibilité et manque de transparence, volontairement entretenue en matière de gestion des statistiques publiques, très faible débit de l'internet, tels sont les principaux inhibiteurs qui entravent la mise en 'uvre du gouvernement électronique (e-Gov) en Algérie. Ces dysfonctionnements ont fait l'unanimité des participants au colloque international organisé récemment par le «Laboratoire de gestion des collectivités locales et leur rôle dans la réalisation de développements» (Lgcrrd), en collaboration avec la faculté des sciences économiques relevant de l'université Saâd Dahleb de Blida.
Selon le rapport des Nations unies, l'Algérie, qui était classée à la 131e place parmi 184 pays en 2010 en matière de mise en 'uvre du e-Gov, a dégringolé à la 132e place et ceci parmi 190 pays en 2012. Cette tendance s'opère,paradoxalement, d'une manière inversement proportionnelle par rapport aux moyens financiers invertis. Avec une enveloppe budgétaire de 35 millions de dollars qui a été consacrée à la mise en 'uvre du projet du e-Gov en Algérie, plus de cinq millions d'utilisateurs de l'internet et 8000 cybercafés, le développement de la culture du numérique reste, de l'avis des communicants, bien en deçà des espérances escomptées au vu des indicateurs de la mise en 'uvre du e-Gov en Algérie.
Avec des indicateurs de mise en 'uvre de l'e-Gov de 0,7344 et de 0,3608 (indicateur variant entre 0 et 1), les Emirats arabes unis et l'Algérie se trouvent classés respectivement à la première et à la 13e places parmi les 18 pays arabes.
Quoique annoncé en grande pompe pour un démarrage effectif en 2013, pour Ghalem Djalti, enseignant chercheur à l'université Aboubakr Belkaïd de Tlemcen, l'Algérie est toujours en phase préliminaire des préparatifs pour la mise en 'uvre de l'e-Gov. «Il faut libérer l'information des contraintes formelles, du sceau du secret d'Etat et asseoir un cadre législatif garantissant le bon fonctionnement de l'e-Gov», a-t-il martelé.
Dans une perspective purement économique, Lakhdar Azi, enseignant chercheur à l'université Mohamed Boudiaf de M'sila, a mis en avant l'apport du secteur des tics dans l'économie nationale. «Une étude publiée en 2013 démontre que le secteur des tics absorbe à lui seul 6% des fonctionnaires. Les tics ont mobilisé entre 2003 et 2008 quelque 18 milliards de dinars, totalisant ainsi 2,5% du PIB. Dans les règles de l'art et selon les potentialités existantes, l'apport de ce secteur devrait atteindre les 4% du PIB en absorbant entre 5 à 6% de la masse salariale», défend Lakhdar Azi. Si l'objectif ciblé en matière du nombre de lignes ADSL prévues à l'horizon 2013 s'affiche à 6 millions de lignes, Lakhdar Azi, mettant en exergue le problème de la disponibilité de l'information à caractère public, dira que les statistiques sont toujours indisponibles en Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Abdelli
Source : www.elwatan.com