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Une société qui brûle ses écoles!



Une société qui brûle ses écoles!
C'est triste, c'est désolant... Mais c'est un acte que les responsables du pays se doivent de bien déchiffrer car nulle part ailleurs dans cette planète, en dehors des guerres, jamais une société n'a brûlé ses écoles.Un technicum incendié dans la wilaya de Blida et un lycée à Baraki qui, pendant un long moment, a ressemblé à un stade avec les feux d'artifice allumés par les élèves. Deux incidents anormaux qui frappent durement l'Ecole algérienne - à seulement quelques jours d'intervalle - et dans lesquels on a perdu d'un coup un technicum et la place de l'école dans nos valeurs.De quoi s'agit-il en fait' Faut-il y voir le symptôme de quelque chose d'important, voire de très grave' Ou bien devrait-on considérer qu'il s'agit d'un jeu d'enfants, nos enfants, qui aurait mal tourné' Doit-on prendre peur devant la gravité de la chose' Ou bien doit-on fermer les yeux et dire que c'est une erreur de jeunesse qu'il faut bien tolérer'En réalité, il n'y a pas de symptôme sans raison ou sans cause plus ou moins sérieuse et lorsque des écoliers s'en prennent à leur école et y mettent le feu, c'est que quelque chose de très grave est en train de se passer dans la société. Il n'y a rien à dire là-dessus.Maintenant, il y a moult questions qu'il convient de se poser. Parmi ces questions, il y a d'abord celle de savoir comment on en est arrivé là' Comment est-on passé d'une société qui accorde une place presque sacrée à l'école à une société qui brûle ses écoles' Comment est-on passé d'un peuple qui vénère le savoir à un peuple qui met le feu aux classes' Ensuite, il est nécessaire de se demander ce qui s'est passé pour que l'on perde d'un coup jusqu'au respect de nos lieux d'apprentissage. S'agit-il d'un monstre, en nous, qui grandit, ou bien d'une haine que, sans même le savoir, on cultive et qu'on nourrit'En s'en prenant à leur école, nos enfants se sont pris en réalité à leur avenir ou, du moins, à cet avenir que la société leur a toujours promis sans jamais pouvoir les y conduire. Ils s'en sont pris à cette école qui débouche sur le trottoir et les attentes interminables dos au mur. C'est un geste à forte charge émotionnelle qui frustre plus d'un, surtout parmi ceux qui conjuguaient l'école à l'avenir, mais c'est un geste qui rappelle aussi un suicide collectif, un geste de désespoir et peu importe s'il y a incendie volontaire ou involontaire car, à la base de tout cela c'est l'absence de respect pour l'école qu'il faut déceler, c'est le peu de considération pour cette école qu'il faut percevoir et tenter de comprendre.L'école ne fait plus peur, pourquoi' Parce qu'il n'y a plus d'autorité dans cette école ou parce qu'il y a effritement de l'autorité à tous les niveaux' L'école ne compte plus aux yeux de ceux- là même qui la fréquentent, pourquoi' Est-ce parce qu'on n'y apprend plus rien qui puisse être d'un quelconque secours devant l'entêtement du pays à rester sous-développé' Ou bien est-ce parce que la porte de sortie de notre école ne donne pas sur le chemin du soleil'C'est triste, c'est désolant... Mais c'est un acte que les responsables du pays se doivent de bien déchiffrer car nulle part ailleurs dans cette planète, en dehors des guerres, jamais une société n'a brûlé ses écoles. Est-ce un message qui est lancé aux adultes' aux responsables'A la société' Il y a urgence à comprendre ce qui se passe avant qu'il ne soit trop tard parce qu'une société qui brûle ses écoles c'est un mauvais signe!Personne n'avait un jour cru qu'on en serait là mais comment ne pas en arriver là avec toutes les destructions successives et têtues qu'a vécues notre école' Comment ne pas en arriver là avec cet horizon fermé qu'on a toujours balancé sous les yeux de nos enfants' Comment ne pas en être là alors que, apparemment, tout était fait pour qu'on y soit'


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