Une atmosphère électrique pour ne pas dire explosive règne depuis dimanche devant l'enceinte du lycée Moufdi-Zakaria, à quelques mètres du chef- lieu de la commune de Boufarik.
Les élèves de première année secondaire affectés dans ce lycée ont vu leur droit d'accès refusé par une décision, qualifiée de discriminatoire, selon les parents de ces derniers. Après avoir regagné leur lycée, comme indiqué sur leurs bulletins d'affectation à cette rentrée scolaire, les deux cent quarante élèves du cycle d'enseignement moyen Ibn-Koutaïba, appelé communément CEM Nouveau, se sont vu renvoyés vers un autre établissement, le lycée Zidane, sans préavis ni note de service. «Depuis une semaine, nous venons pour nous y s'inscrire, mais ils nous renvoient», nous lancera Férial, inquiète. «Le lycée Zidane est très loin, il se trouve dans un endroit désertique dont les voyous ont fait leur QG», lâchera Ismaïl, à son tour. Tous les élèves étaient unanimes à dire que l'endroit où se trouve le lycée Zidane est loin, très dangereux et pas fréquentable. Les parents rencontrés à l'entrée du lycée étaient aussi révoltés que leurs enfants. Nacira, maman d'une des lycéens concernés, ne comprend pas une telle décision et aussi le fait qu'on ne les ait pas prévenus. «Depuis des années et selon la carte scolaire de l'éducation, les élèves du CEM Nouveau sont orientés dans le lycée Moufdi, qu'est-ce qui a changé cette année '», se demande-t-elle perplexe, en nous montrant le bulletin d'affectation de sa fille au lycée Moufdi, comme tous les autres élèves. «Pourquoi nous prendre au dépourvu ainsi, ils auraient pu nous prévenir avant '», dira Souad, qui a trois enfants scolarisés, dont deux filles, qu'elle ne voudrait pas voir prendre le chemin de Zidane. Tous les parents affirment que la décision a été prise verbalement sans note de service. «Ils prennent des décisions sans nous prévenir, renvoient nos enfants dans un endroit malfamé et sans être accompagnés», fustigera Fatima, une maman en colère, qui rencontra sa fille sur le chemin par hasard, toute seule dans la nature. Voulons avoir des précisions, le directeur de l'établissement a malheureusement a refusé de nous recevoir. Pareil pour le président de l'association des parents d'élèves qui a exigé un badge. Ce dernier, selon les parents, a refusé d'intervenir prétextant que les enfants ne sont pas encore scolarisés, ce qui veut dire qu'il n'est pas responsable. Djilali Chikhi, un membre actif de la société civile, nous a expliqué que des élèves de deux CEM ont été affectés à Moufdi, et selon les directives de l'académie de Blida, les élèves de l'un des établissements devaient être transférés à Zidane qui enregistre des places vides pour les élèves de première année. La question qui se pose maintenant est pourquoi pas les élèves de Victor Hugo, ce dernier est plus prêt de Zidane que le CEM Nouveau ' «La décision est interne», nous dit-on . Appelé à la rescousse, M. Chibane, député à l'APN, a voulu mettre de l'ordre dans ce chahut, en expliquant que, contactée par ces soins, la Direction de l'éducation dira que les inscriptions à Zidane se feront en fonction de l'adresse de chaque élève, ce qui n'a pas suffi à calmer les inquiétudes des parents. Une délégation s'est dirigée en fin de matinée à la DE, ensuite chez le wali de Blida, mais sans résultat. Au moment où nous mettons sous presse, le secrétaire général de l'académie de Blida, Mohamed Mouaouia, s'est déplacé au lycée Zidane pour s'entretenir avec les parents d'élèves et essayer d'arriver à un compromis, mais ces derniers n'en démordent pas et exigent que leurs enfants intègrent le lycée comme au premier jour. Sous l'insistance des parents, M. Mouaouia a assuré qu'ils vont provoquer une réunion urgente à l'Académie et que demain au plus tard, ils auront une réponse positive. Promesse non tenue. Les parents, au nombre de 70, ont tenu un sit-in jeudi devant le lycée Moufdi et ne comptent pas s'arrêter là, les membres de la société civile prévoient un autre sit-in dimanche devant la direction de l'Académie de l'éducation à Blida pour que leur seule revendication soit prise en considération. La société civile, quant à elle, interpelle le ministre de l'Education pour mettre fin aux «décisions anarchiques», affirmant que «ces gens-là, veulent faire exploser le pays» et se demande « quel est le rôle d'un P/APW dans ces cas».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kahina Bencheikh El Hocine
Source : www.lnr-dz.com