Né le 23 mai 1919 à Relizane où son père était instituteur, Ali Boumendjel a fait ses études secondaires de 1930 à 1937 au collège de Blida en même temps que de nombreux futurs militants nationalistes tels que Ben Khada, Abane Ramdane, M?Hamed Yazid. Licencié en droit en 1943, il devait s?installer comme avocat, d?abord à Blida, puis à Alger. Le 8 mai 1945, les massacres de Sétif provoquent la prise de conscience du militant. Ali Boumendjel est membre fondateur du Mouvement algérien de la Paix et du Mouvement mondial de la Paix. Le 25 avril 1949, il participe au premier Congrès mondial de la Paix qui s?est tenu à Paris (salle Pleyel). La délégation algérienne comprenait alors des représentants de tous les partis et organisations progressistes et démocratiques d?Algérie. Il fut l?un des rédacteurs de la déclaration commune présentée au congrès au nom de tout le mouvement national algérien. En avril 1954, il reçoit, en Algérie, une délégation du Mouvement de la Paix français. A cette occasion, son frère Ahmed (également avocat) alerte les délégués français sur le calme trompeur qui régnait en Algérie. En décembre 1954, en réponse au ministre de l?Intérieur, François Mitterand, qui déclarait que « la seule négociation, c?est la guerre », Ali Boumendjel invite le Conseil mondial de la Paix, réuni à Stokholm, à engager une campagne pour l?ouverture de négociations en Algérie. Au Congrès mondial d?Helsinki (22 -29 juin 1955), il préside la délégation algérienne comprenant les représentants de tous les mouvements nationalistes. Ali Boumendjel souligne au nom de la délégation algérienne que l? « Algérie vit sous un régime colonial avec ce que cela implique d?exploitation économique et sociale. Le problème est, donc, à première vue, économique et social. Il est inhérent au régime lui-même et cela est vrai dans tous les pays colonisés. ?Quant aux réalisations concrètes dont s?enorgueillit la colonisation, elles demeurent tellement insuffisantes qu?on peut affirmer qu?elles ne bénéficient aux autochtones que d?une manière indirecte, en quelque sorte marginale. Mais - et c?est là l?essentiel- le problème n?est pas seulement économique et social comme pour tous les pays colonisés. Il est aussi et encore davantage politique et il serait vain de le nier en s?appuyant sur la force? Au moment où la Constitution française proclame la volonté du peuple français de conduire les peuples dépendants dans la voie de la liberté de telle sorte qu?ils puissent gérer eux-mêmes leurs propres affaires, on fait de l?Algérie « trois départements ». ? « L?Assemblée mondiale de la Paix est (donc) pour nous une tribune naturelle pour faire entendre notre voix et proclamer solennellement que des solutions pacifiques durables doivent prévaloir sur les solutions de force nécessairement sanglantes et provisoires. » A l?annonce de sa mort, le 23 mars 1957, M. René Capitant, professeur à la faculté de Droit de Paris, ancien professeur d?Ali Boumendjel , suspend son cours. Dans la lettre qu?il adresse au ministre de l?Education nationale, il écrit : « Tant que de telles pratiques (la torture, ndlr) auxquelles même en pleine guerre, nous n?avons jamais soumis les prisonniers allemands seront prescrites ou tolérées contre les Algériens, par le gouvernement de mon pays je ne me sentirai pas capable d?enseigner dans une faculté de droit française ». En avril 1964, le Comité exécutif des Combattants de la Paix décerne la médaille d?or du Mouvement pour la Paix mondiale à Ali Boumendjel.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : N. B.
Source : www.elwatan.com