Assis à la place des Sénateurs, ils se sont fait un plaisir d'interroger des membres du gouvernement.
Ils étaient 59 élèves de l'école privée «Baya» de Blida à visiter hier le Sénat. Organisée à l'occasion du 51e anniversaire des accords d'Evian, cette visite a été une manière de fêter le jour de la Victoire. Impressionnés par la beauté architecturale des lieux, les jeunes lycéens n'ont pas manqué d'immortaliser ces moments que nombre d'entre eux ont qualifié d'inoubliables. «J'ai l'habitude de voir le Sénat à la télévision mais me voilà aujourd'hui à l'intérieur de cet édifice. Je suis heureux, j'ai une seule chose à dire, c'est majestueux!», affirme Hamza élève en deuxième année secondaire.
Toutefois, mise à part l'architecture de l'édifice qui accueille la chambre haute du Parlement, ces adolescents ne se disent pas impressionnés ni intéressés par la fonction de sénateur et encore moins la politique. «On ne suit pas vraiment la politique, c'est un monde qui nous paraît lointain mais surtout dangereux», soutient Aïssa El Bey, lui aussi élève de deuxième année secondaire. L'avis de Aïssa est partagé par un bon nombre de ses camarades qui dans leur majorité ont avoué n'avoir jamais suivi un débat du Sénat que diffuse la télévision. Pour Amira, un parlementaire est «un élu qui dort pendant les débats».
Sara va plus loin en affirmant que les politiciens sont pour elle «un symbole de malhonnêteté». La politique est donc un monde qui n'attire point nos lycéens.
Néanmoins, cette vision a quelque peu changé au terme de cette visite durant laquelle ils ont eu à voir les différents départements du Sénat et reçu des explications concernant chaque département et son rôle. Mais ce qui les a poussés à changer d'avis, c'est la simulation d'une séance parlementaire qu'ils ont effectuée. Assis à la place des sénateurs, ils ont eu à poser des questions à des membres du Sénat. Un exercice qui semble leur avoir vraiment plu. Leur timidité s'est effacée et ils se sont mis à asséner des questions aux membres du Sénat. «Pourquoi a-t-on attendu 36 ans pour créer un Sénat en Algérie'», demande une élève. Un autre élève demande à avoir un exemple de loi qui a été refusée par le Sénat et adoptée par le Parlement. Le membre du Sénat s'est fait un plaisir de répondre à ces questions. Un débat qui s'est déroulé dans la joie et la bonne humeur. Les jeunes sont sortis de ce débat avec une autre vision de la politique.
«On a perdu certains de nos préjugés. On voit avec un autre oeil la politique, on la comprend légèrement mieux maintenant», ont expliqué ces lycéens après leur séance «orale».
Cette journée «d'innocence» au Sénat aura donc permis de réconcilier quelques jeunes avec la politique... enfin, pas vraiment.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid AIT SAID
Source : www.lexpressiondz.com