Blida - A la une

Trop "lourds" sachets en plastique



Trop
Côté pile. A partir de Blida où il était en visite, lundi dernier, notre ministre de l'Environnement, Abdelkader Ouali, a annoncé «l'ouverture prochaine d'une enquête sur la confection des sacs en plastique et leur conformité aux normes internationales». C'est la deuxième fois, en l'espace de deux semaines, que le ministre aborde le sujet. Le 20 janvier dernier, en effet, face aux sénateurs, il avait pointé du doigt «la production et le commerce illégal des sacs plastiques». Il avait même ajouté «que son département examinait la possibilité de remplacer les sacs en plastique par des sacs en papier». Comment un sujet, en apparence anodin, puisse susciter autant d'interventions différentes sans la moindre solution' Il ne faut pas jeter la pierre à l'actuel ministre de l'Environnement. Les ministres qui l'ont précédé à ce poste n'ont pas fait mieux. Le sachet en plastique utilisé dans le commerce est un véritable fléau. Un gros pollueur dont il faudra bien se débarrasser un jour. Plus facile à dire qu'à faire. Les raisons sont d'ordre économique et social. En 2014, Dalila Boudjemâa, ministre de l'Environnement à l'époque, avait avoué franchement que «nous ne pouvons pas interdire la production de sacs en plastique». Ce serait selon elle, condamner à «la fermeture 600 unités de production créées dans le cadre de l'Ansej». C'est-à-dire la destruction de «20.000 emplois dont 9000 directs». Avant elle, Amara Benyounès qui avait la charge de ce département, avait, lui, annoncé, en 2013, qu'il préparait «un projet de loi portant interdiction de la production de sacs en plastique, en vue de leur élimination». Ce qui explique l'aveu, par la suite, de Dalila Boudjemâa. Il valait mieux çà que la «solution», sans queue ni tête, préconisée par d'autres responsables, de «résoudre» le problème en interdisant la couleur noire du sachet. Ceci dit c'est le sachet en plastique à usage unique, c'est-à-dire d'une épaisseur inférieure à 50 microns, qui est à bannir. C'est lui que l'on retrouve, au gré des vents, accroché aux arbres, virevoltant dans le ciel et pour finir, au fond des mers et mettant en péril les ressources halieutiques pour des siècles ou, dans les avaloirs pour les boucher et être souvent la cause d'inondations. Au point où le sujet a fait partie des travaux de la COP21 de Paris qui engage tous les pays de la planète. La seule solution acceptable qui apparaît est celle de la reconversion des unités de production aux nouvelles normes internationales. C'est-à-dire à augmenter l'épaisseur (plus de microns) de ces sacs jusqu'à les rendre à usage multiple. Une sorte de couffin que l'on ne jetterait plus. C'est cette «conformité» qui a été annoncée par Abdelkader Ouali. Reste à résoudre la gratuité du sac. D'autres pays ont trouvé la parade en faisant payer, symboliquement, le sachet qui, une fois usé, est remplacé gratuitement. Un autre problème se pose, malheureusement, dans notre pays. En annonçant «l'ouverture d'une enquête», notre ministre révèle, dans le même temps, qu'il y a des «producteurs non connus». Qui ne pourront donc pas être touchés par la «mise en conformité». C'est une «omelette norvégienne» que vient de nous servir notre ministre. Chaude en surface. Froide au fond!
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