
Suite à la diffusion d'une image du procès sur les réseaux sociaux, la salle d'audience est minutieusement fouillée et les journalistes sont sommés de laisser leurs téléphones portables, micros et tablettes à l'extérieur.Au deuxième jour du procès Khalifa qui se tient devant le tribunal criminel près la cour de Blida, le greffier a poursuivi la lecture de l'arrêt de renvoi qui a pris toute une journée. Les 21 accusés, dont Abdelmoumen Khalifa, présents au box, semblaient terriblement ennuyés par ces longues heures de lecture, interrompues durant quelques minutes seulement de pause, avant de reprendre, dans une salle d'audience à moitié vide.Journalistes et avocats font les va et vient dans l'attente d'une fin qui ne semble pas venir, alors que Abdelmoumen Khalifa, vêtu d'un costume noir, discute tranquillement avec un de ses anciens cadres dirigeants, Mohamed Arezki Amghar, assis à sa droite. Les accusés se sont tous assis aux mêmes places que la veille.En début d'après-midi, un incident met le tribunal en ébullition. Alors que l'audience vient de reprendre, le président de la cour, accompagné du procureur général, font leur entrée dans le hall. Un policier se dirige vers le président du tribunal criminel et lui parle à voix basse. Le magistrat demande au greffier d'arrêter la lecture de l'arrêt de renvoi, puis suspend l'audience.Policiers et gendarmes pénôtrent dans la salle, sous les regards hébétés de l'assistance. Ils s'intéressent uniquement aux bancs où sont assis les journalistes et leur demandent de quitter la salle. Personne ne comprend le pourquoi de cette mesure. Colère et incompréhension, jusqu'à ce que le procureur général donne l'explication : une image des accusés dans le box a été prise dans la salle d'audience puis diffusée sur les réseaux sociaux, avant d'être reprise «en exclusivité» par une chaîne de télévision privée.L'affaire prend de l'ampleur. La salle est minutieusement fouillée et les journalistes sont sommés de laisser leurs téléphones portables, micros et tablettes à l'extérieur de la salle. Des journalistes de la chaîne privée mise en cause sont pris à part par le procureur général, qui tente de connaître les circonstances de cette diffusion.Pendant près d'une demi-heure, l'audience est suspendue. A la reprise, le président explique : «Des images ont été prises dans la salle d'audience et une enquête a été ouverte. Les auteurs seront sanctionnés parce que ces images sont celles des accusés présents, qui sont toujours innocents et bénéficient de la protection de leur dignité et de celle de leur famille. Dans cette salle, seuls le stylo et les cahiers seront permis afin d'éviter ce genre d'incident malheureux.» Il demande au greffier de continuer la lecture, après avoir précisé que celle-ci se poursuivra jusqu'en fin de journée.Dehors, les journalistes ne sont toujours pas autorisés à avoir leurs équipements dans la salle ; ils se contentent de suivre ce qui se passe à l'intérieur du tribunal sur l'écran géant accroché au mur et qui retransmet le procès. Une heure plus tard, l'incident est clos la décision de priver les journalistes de leurs outils de travail est levée. L'audience est levée à 17h45. Elle reprendra aujourd'hui avec l'audition probable du principal accusé, Abdelmoumen Khalifa.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com