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SIT-IN DEVANT LE MINISTÈRE DES TRANSPORTS Les marins réclament toujours leurs salaires



Les marins de la Cnan Group (Compagnie nationale algérienne de navigation) ne décolèrent pas. Hier encore, ils étaient nombreux à se rassembler devant le ministère des Transports. Ils revendiquent leurs salaires non perçus depuis plusieurs mois.
Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Venus de différentes wilayas, près de 250 marins de la Cnan ont observé un sit-in devant le ministère des Transports. Au chômage forcé depuis près de deux ans, ils se disent délaissés par leurs responsables. «Depuis deux ans, nous n'avons reçu aucune rémunération, ni couverture sociale, ni droits aux congés ou autres indemnités du personnel navigant», affirment les marins protestataires. Pourtant, poursuivent-ils, «nous sommes permanisés et la majorité d'entre nous a plus de 30 ans de navigation». Face à une situation qui perdure et qui ne fait qu'«empirer», les marins de la Cnan sont déterminés à camper sur les lieux jusqu'à satisfaction de leurs revendications. «Nous avons frappé à toutes les portes, mais en vain. Aujourd'hui, nous insistons pour rencontrer le ministre des Transports.» Fateh, père de famille, ne cache pas sa lassitude. Il affirme qu'il a dû réduire l'argent de poche de ses deux enfants étudiants. «Avant, je leur donnais 100 DA par jour et là, je suis obligé de diviser la somme en deux. Allah ghaleb !», dit-il. Venu de Béni-Saf, à l'ouest du pays, Adda exposera son problème : «J'ai bénéficié d'un crédit bancaire, faute de remboursement depuis près de deux ans, la banque m'a adressé une mise en demeure. Comme je ne perçois plus de salaire, j'ai vendu tous les bijoux de ma femme mais je n'arrive pas à m'en sortir.» Quant à son collègue Missoum, il assure que sa famille vit sans électricité et sans eau depuis trois mois. «Je n'ai pas eu mon salaire depuis 22 mois, ce qui m'a empêché de régler les factures d'eau et d'électricité», dit-il. Après 32 ans de service, Abdelouaheb, marin, se retrouve comme tous ses autres collègues au chômage «forcé» depuis plusieurs mois. «Je me suis converti en plombier, électricien, peintre mais je n'arrive pas à joindre les deux bouts», a-t-il ajouté. Même les ex-otages du vraquier Blida n'ont pas été épargnés. Ils connaissent le même sort que leurs collègues. «Depuis notre retour, nous nous sommes retrouvés livrés à nous-mêmes, ni salaires, ni couverture sociale, ni indemnités. Nous ne demandons pas la charité mais nos droits. Sommes-nous des Algériens à part entière '», peste Abderrahmane, l'un des ex-otages du Blida. Outrés par cette situation qui perdure, les protestataires tonnent : «Comment osent-ils nous demander d'aller voter le jour des élections législatives alors que nous avons été délaissés sans un sou depuis presque deux ans '»
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