Blida - A la une

Se relever vite et plus fort !



L'abattement était perceptible sur les visages au sifflet final de l'arbitre guatémaltèque Mario Escobar annonçant la défaite, après plus de trois années d'invincibilité, des Verts à l'occasion de cette seconde sortie du premier tour de la CAN du Cameroun.Un ressort s'est peut être cassé. Depuis avril 2021 probablement, et l'arrivée d'un nouveau président à la tête de l'équipe fédérale. Les événements qui ont succédé à cet «événement» plaident cette résultante. La prise en charge des affaires de la sélection a conséquemment faibli et Belmadi et son groupe ont ressenti ce manque de respect en dépit des protocoles...
L'épisode du stade Mustapha-Tchaker de Blida dont la pelouse n'a rien à envier au Japoma Stadium en était le plus significatif de la déchéance programmée. Ce jour, Belmadi a évoqué un acte de «sabotage» que personne n'est parvenu à expliquer mais que beaucoup ont désigné instinctivement les responsables.
Zetchi est parti, mais ses ennemis sont toujours là, «prêts» à brûler l'herbe et détruire l'édifice. Le ton du sélectionneur n'a pas changé depuis. Mais au vu des résultats, les Verts ne convainquaient personne en termes de prestance. A chaque petite difficulté, le groupe avait l'air d'étouffer, les jambes sciées et l'esprit figé. La panique jadis intelligente des obstacles a sérieusement cédé le pas à la panique. Et c'est une dernière attitude qui a prévalu lorsqu'il s'agissait d'affronter le Burkina Faso en qualifications du Mondial du Qatar puis au début de cette Coupe d'Afrique. Face, il faut le préciser, à des adversaires qui rêvaient de prendre un selfie avec Mahrez, Ounas, Bennacer et autre Belaïli. Le nul contre la Sierra Leone, puis cette défaite face à la Guinée équatoriale ne doivent rien au football. Ce sont des défaites causées par les propres faiblesses de la sélection drivée par Belmadi. Faiblesse dans la concentration et dans la concrétisation, les deux rencontres, en dépit des conditions de jeu défavorables (pelouse, chaleur, humidité et même arbitrage) ont été dominées de la tête et des épaules par l'équipe algérienne. S'il ne s'agit pas d'un manque de grinta ou de vouloir bien faire, les causes de ces deux faux-pas sont à chercher dans cette absence de lucidité devant le but adverse. En un peu plus de 180 minutes, les camarades de Bounedjah ont obtenu une vingtaine d'opportunités de secouer les filets adverses, en vain. L'efficacité, ou le facteur chance c'est selon, a fait défaut aux attaquants algériens qui, sur l'année civile 2021, ont marqué 35 buts en 8 matchs, tous à caractère officiel. Soit une moyenne de 4,375 buts/match, ce qui n'est pas une mince récolte pour le travail accompli en trois années. Un long process qui était appelé à s'estomper un jour mais que personne n'attendait lorsque les Verts arrivent à proximité d'un record absolu de matchs sans défaite que la Squadra conservera finalement suite à cet échec de la sélection algérienne contre le 114e pays au classement Fifa cinq jours après avoir été neutralisée par le 108e du même tableau mondial.
Belmadi interpelle Oscar Wilde
Si bien que le sélectionneur national a tenu à rappeler que ledit classement est «anecdotique», une vraie fumisterie qui n'offre jamais la véritable image des forces réelles et du parcours des équipes.
Ce qui fera dire à l'entraîneur algérien que cet échec face au 114e mondial est une raison suffisante pour comprendre que les équipes se valent dès qu'elles rentrent sur un terrain de football. «Il n'y a pas toujours de réponses rationnelles à tout, notamment dans le foot. On peut dominer outrageusement sans marquer», dira-t-il en conférence de presse pour ensuite expliquer que « nous, nous avons eu de la malchance, de la maladresse aussi, appelez ça comme vous voulez. C'est comme ça dans le football».
Plus catégorique et au bord de la crise de nerfs, yeux larmoyants, Belmadi dit avoir tenté l'impossible, en vain. «On voulait une victoire à tout prix, on a pris des risques. Je suis largement responsable de cette défaite, soyez tranquille», tenait-il à confier.
Et de souligner que malgré tout, il croit toujours en la rédemption de son team. Il en fait même une affaire de vie ou de mort. «Tant que je ne suis pas mort, il y a de l'espoir», croit-il en mettant en garde ceux qui l'attendaient au tournant de patienter avant de jubiler. «Si en ce moment, il est difficile de croire en nous, moi je crois en mes joueurs. Jusqu'au bout, on n'abandonnera pas», certifie celui qui reviendra sur l'état dans lequel le vestiaire a vécu le «drame». «J'ai vu un groupe de coéquipiers, de compatriotes, de frères qui étaient peinés, frustrés, presque abattus. Je leur ai dit que j'étais encore plus peiné pour eux et pour notre pays. Premièrement en raison des efforts qu'ils produisent et qu'ils ne sont pas récompensés. Deuxièmement, du fait qu'ils soient dans le doute en raison des résultats. Et, enfin, car une série de trois ans de travail vient de s'arrêter de manière soudaine. Et ça fait mal», rapporte Belmadi avant de révéler qu'il a rappelé à ses joueurs cette triste vérité concernant l'état de la sélection trois ans plus tôt. «Je leur ai rappelé 2018. On était alors 71es au classement Fifa, 14es au classement CAF. Ils étaient tous là. Et je leur ai dit : «Qu'est-ce qui était plus difficile ' Se relever à ce moment-là ou maintenant après trois ans de travail, trois ans de résultats, trois ans marqués par un titre '».
Une difficulté qui sera encore plus importante lorsqu'il s'agit de défier la Côte d'Ivoire jeudi prochain dans le match-couperet de ce groupe E. Un tantinet philosophe, Djamel Belmadi empruntera au romancier irlandais, Oscar Wilde sa fameuse expression afin de remobiliser ses troupes. «Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on atterrit dans les étoiles».
Jeudi sera un autre jour pour les Verts.
M. B.
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